9 septembre 2026

Temps de lecture : 5 min

Unification cross-vidéo, IA agentique et conquête des PME : la feuille de route de TF1 PUB pour 2027

À l'occasion de sa conférence de rentrée, TF1 PUB a dévoilé sa feuille de route à l’horizon 2027. Cette année, le groupe entend faire sauter définitivement les silos entre télévision linéaire, streaming et TV segmentée. Pour orchestrer ce nouveau cycle, TF1 PUB s'appuie sur une triple dynamique : le lancement de l'offre unifiée « Puissance Max », l'intégration de la gamme d'agents IA « Autopilot » au sein de TF1 AdManager et une accélération massive sur le marché local.

Après un premier cycle 2024-2026 consacré à la restructuration du linéaire et à la montée en puissance de TF1+, la régie veut désormais faire de la convergence « Total Vidéo » une réalité opérationnelle.

Première illustration avec Puissance Max, une nouvelle offre permettant d’orchestrer simultanément une campagne sur quatre environnements : télévision linéaire, TF1+, TF1+ sur Netflix et télévision segmentée. TF1 PUB promet jusqu’à 6 millions de contacts en une journée, pour un tarif fixe de 100 000 euros sur la base d’un spot de 20 secondes.

François Pellissier, Directeur Général Adjoint Business et Sports du Groupe TF1, réaffirme à cette occasion les ambitions de la régie : « Près de trois ans après le lancement de TF1+, nous revendiquons de manière très affirmée notre statut de première régie vidéo de France. Notre mission reste de financer durablement et gratuitement des contenus d’information et de divertissement, en innovant sans cesse ».

Pour Sylvia Tassan Toffola, Directrice Générale de TF1 PUB, cette convergence n’est désormais plus seulement un objectif : « L’unification du marché n’est plus une utopie mais une réalité opérationnelle. Avec l’offre Puissance Max, nous apportons une réponse concrète aux marques qui cherchent de la couverture instantanée dans un paysage fragmenté ».

Netflix accélère la logique de distribution

L’accord de distribution conclu avec Netflix vient renforcer cette stratégie. Selon TF1, les objectifs d’audience initialement fixés à 18 mois ont été atteints en seulement trois semaines.

Durant l’été, la présence des contenus de TF1+ sur Netflix aurait ainsi contribué à une hausse de 30 % du nombre d’heures vues sur le service de streaming. Pour les campagnes diffusées sur plusieurs environnements, TF1 PUB revendique par ailleurs un gain moyen de couverture de 15 %.

Laurent Bliaut, Directeur Général Adjoint Marketing, Stratégie et Innovation de TF1 PUB, y voit la confirmation que l’enjeu se situe désormais autant dans la distribution que dans les contenus : « Le succès de nos contenus sur Netflix prouve que la seule limite historique de la télévision résidait dans sa distribution. En exposant nos fictions à d’autres publics, l’adhésion est immédiate ».

La régie enrichit parallèlement les formats disponibles sur TF1+, avec notamment des dispositifs de préemption de la page d’accueil, d’habillage des contenus et plusieurs formats interactifs destinés à rapprocher exposition et conversion (Carrousel Retail Ads, Habillage Content, Profile Wall, etc.). Les premiers tests de sa gamme Master Interactif font apparaître, selon TF1 PUB, un gain moyen de 30 points sur l’intention d’achat. « La télécommande devient un canal important de conversion », résume Sylvia Tassan Toffola.

« Autopilot » : TF1 PUB met les agents IA dans le trading TV

L’autre chantier majeur concerne TF1 AdManager. La régie veut progressivement automatiser une partie de l’achat publicitaire grâce à une gamme d’agents IA réunis sous la marque Autopilot.

Ces assistants fonctionneront en langage naturel et s’appuieront sur le protocole MCP afin de pouvoir interagir avec les systèmes propriétaires des agences média.

Le premier, Autopilot Sponso, sera lancé le 3 novembre 2026 et permettra d’identifier puis de réserver des opportunités de sponsoring télévisé. Autopilot Explorer, attendu début 2027, sera consacré à la recommandation de ciblage, à la découverte d’inventaires et à l’analyse des performances. Enfin, Autopilot Trading, prévu à l’horizon 2028, doit permettre d’orchestrer et d’exécuter automatiquement des transactions cross-vidéo.

Cette agentification s’inscrit plus largement dans la stratégie de self-service de la régie. Son modèle d’achat autonome « All by myself », déjà utilisé pour le spot-à-spot en télévision linéaire, doit progressivement être étendu aux achats garantis et au sponsoring.

TF1 PUB veut aller chercher les budgets des PME

En parallèle des grands annonceurs, TF1 PUB entend accélérer fortement sur le marché local.

La régie évalue le marché français de la communication locale et régionale à 12 milliards d’euros, avec environ 60 000 entreprises dépensant plus de 20 000 euros par an en communication.

En simplifiant l’accès à TF1 AdManager, avec notamment la création automatisée de visuels et le paiement en ligne, TF1 PUB affirme avoir déjà attiré 2 000 PME et activé 1 500 comptes clients depuis le début de l’année.

François Pellissier indique que ces campagnes PME pourraient représenter désormais plusieurs dizaines de millions d’euros de recettes publicitaires. L’enjeu est clairement de récupérer une partie des budgets locaux aujourd’hui captés par les moteurs de recherche et les plateformes sociales.

Pour accélérer ce mouvement, TF1 PUB lance également TF1 Business Partners, un programme destiné à structurer un réseau d’agences locales, consultants et régies régionales autour de TF1 AdManager.

François Pellissier et Sylvia Tassan Toffola résument ainsi l’ambition : « La vidéo premium n’est plus réservée aux grands annonceurs nationaux. En ouvrant nos inventaires aux PME et en structurant le réseau TF1 Business Partners, nous offrons au tissu économique local une alternative performante aux plateformes des GAFA ».

La mesure doit elle aussi devenir cross-vidéo

L’unification des achats suppose également celle de la mesure. TF1 PUB rassemble progressivement ses outils au sein du TF1 Efficiency Framework, avec l’ambition de mesurer les effets des campagnes depuis la notoriété jusqu’aux ventes, au trafic en magasin ou au e-commerce.

La régie continue également d’enrichir ses capacités data, qui dépassent désormais 1 500 segments de ciblage grâce à différents partenaires retail et data (avec Leboncoin et Valiuz).

Surtout, TF1 attend beaucoup de la mesure cross-média unifiée de Médiamétrie. Les tests industriels doivent s’achever fin 2026 avant le lancement, en 2027, des premiers bilans de campagnes unifiés. Des outils prédictifs permettant de simuler la couverture d’une campagne avant son lancement sont ensuite envisagés à l’horizon 2028-2029.

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Laurent Bliaut défend une approche de la performance qui dépasse la seule attribution : « La performance ne se résume pas à l’attribution au dernier clic. Avec TF1 Efficiency Framework, nous apportons des preuves scientifiques de la contribution de la télévision et du streaming à chaque étape du funnel ».

TF1 PUB a par ailleurs confirmé plusieurs engagements environnementaux et d’accessibilité. La régie poursuit notamment ses offres visant à réduire l’empreinte carbone des campagnes sur TF1+ et prévoit de généraliser en 2027 le sous-titrage et l’audiodescription sur la majorité des spots diffusés.

TF1 maintient la pression sur la réglementation et YouTube

Enfin, la conférence a permis à la direction de TF1 de réaffirmer ses critiques à l’égard du cadre réglementaire français, jugé défavorable à la télévision face aux plateformes numériques. La régie réclame notamment une évolution de certaines dispositions de la loi Sapin et des règles encadrant la télévision segmentée et les opérations promotionnelles.

TF1 PUB maintient également son refus d’un modèle de syndication de ses contenus sur YouTube, estimant que les conditions de partage de revenus proposées par la plateforme ne permettent pas de financer la création de contenus premium.

La régie pointe enfin les différences de standards de mesure entre télévision et plateformes sociales, notamment lorsqu’une vue vidéo peut être comptabilisée après seulement quelques secondes de visionnage, alors que la télévision reste soumise à des mesures d’audience certifiées par des tiers.

« Lors des débats sur la mesure cross-média, nous avons proposé d’adopter nous aussi le standard de 2 secondes. Mais les annonceurs refusent de brader l’exigence de qualité du média télévisuel. », a complété Sylvia Tassan Toffola.

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