14 octobre 2026

Temps de lecture : 3 min

Briefable mise sur AdCP pour connecter les éditeurs aux agents acheteurs

Avec Briefable, IDM veut permettre aux éditeurs de commercialiser leurs espaces publicitaires auprès d’agents IA. Le protocole AdCP sert de langage commun entre vendeurs et acheteurs, avec l’ambition d’automatiser la vente directe.

Automatiser la vente directe grâce à des agents IA. Tel est le pari de Briefable.ai, la solution développée par IDM. Elle s’appuie sur le protocole AdCP pour faire dialoguer l’agent vendeur d’un éditeur avec les agents acheteurs des agences et des annonceurs, autour d’un catalogue d’offres publicitaires que l’éditeur conserve sous son contrôle.

Il s’agit de rendre ces offres accessibles dans un circuit où des agents logiciels peuvent dialoguer pour organiser un achat publicitaire. Pour les éditeurs, la promesse est de développer la vente directe sans devoir renforcer considérablement leurs équipes commerciales.

AdCP, un langage commun entre agents publicitaires

Dans ce dispositif, les rôles se répartissent entre deux types d’agents : le seller agent, qui représente l’offre de l’éditeur, et les agents acheteurs, qui interviennent pour les agences ou les marques. AdCP fournit un cadre commun à leurs échanges, afin que les offres publicitaires puissent être comprises et exploitées par les différents agents.

Briefable s’inscrit dans cet écosystème, notamment à travers des plateformes de mise en relation comme Apostra, lancée récemment. L’éditeur conserve son catalogue, tandis que son agent le rend accessible aux acheteurs.

Pour Alexandre Da Silva, responsable produit de Briefable.ai, cette approche répond à une perte de visibilité sur la manière dont les espaces publicitaires sont commercialisés dans les circuits existants :

« En tant qu’éditeur, notre volonté est de reprendre le contrôle de notre inventaire. Aujourd’hui, lorsque nous souhaitons vendre nos espaces ou valoriser nos signaux, nous sommes contraints de passer par des partenaires externes sans toujours savoir exactement comment l’inventaire est commercialisé. »

Briefable a choisi de concentrer ses développements sur AdCP, dont Alexandre Da Silva met en avant la maturité opérationnelle et les avancées pratiques pour mettre en place ce canal direct. Mais elle n’est pas fermée à d’autres protocoles, comme AAMP de l’IAB Tech Lab.

Avant de vendre entre agents, structurer l’offre

Pour qu’un agent acheteur puisse exploiter un catalogue, celui-ci doit être structuré. C’est l’autre fonction de Briefable : transformer les espaces disponibles en produits publicitaires prêts à être proposés.

Connecté à Google Ad Manager, l’outil analyse la structure du site, regroupe les emplacements, définit des prix planchers et construit des packages, notamment thématiques. L’IA intervient ainsi en amont de la vente, pour préparer l’offre que l’agent de l’éditeur présentera aux acheteurs.

« Créer tous ces packages et ces segments à la main est un travail extrêmement fastidieux. Notre outil exploite l’intelligence artificielle pour construire l’ensemble de ces produits au sein d’un catalogue qui reste la propriété exclusive de l’éditeur », détaille Alexandre Da Silva.

Développé initialement pour les besoins d’IDM, Briefable a ensuite été ouvert à des éditeurs partenaires. L’entreprise, présente depuis trois décennies dans l’édition numérique, a notamment conçu des logiciels pour des éditeurs de dictionnaires comme Oxford et Cambridge, avant de les accompagner dans la monétisation de leurs sites.

Ouvrir la voie à la publicité conversationnelle

Dans une documentation technique, AdCP imagine un format conversationnel permettant à un utilisateur d’échanger avec un agent de marque au sein d’une interface d’IA, dans un cadre clairement identifié comme publicitaire. Un format proche des « sponsored agents » annoncés par OpenAI.

Baptisé « Sponsored Intelligence », ce dispositif encore expérimental définit les règles techniques de ces échanges. Briefable envisage de développer ces publicités conversationnelles : pour les éditeurs, l’intérêt de l’agentique serait ainsi de commercialiser de nouveaux formats, au-delà des espaces display et vidéo existants.

Automatiser la vente directe, en complément du programmatique

L’approche agentique ouvre donc un nouveau point d’accès à l’inventaire : un acheteur pourrait passer par son agent pour consulter les offres d’un éditeur, plutôt que de dépendre uniquement des circuits programmatiques existants.

Cette évolution reste toutefois conditionnée à l’adoption de ces outils des deux côtés du marché. Un catalogue accessible via AdCP ne crée pas, à lui seul, la demande publicitaire.

« L’approche agentique ne va pas remplacer le programmatique du jour au lendemain, mais les deux modèles vont coexister. L’enjeu est d’automatiser la vente directe, d’offrir un accès simplifié aux acheteurs et de redonner du pouvoir aux éditeurs sur leur monétisation », ajoute Alexandre Da Silva.

L’accès à Briefable est gratuit pendant la phase de lancement. La solution se rémunère uniquement par une commission sur les campagnes vendues via l’outil. Les ventes réalisées par l’éditeur par ses propres moyens ne font l’objet d’aucun prélèvement.

À terme, l’entreprise souhaite privilégier une facturation fondée sur le travail réalisé (création d’offres, packaging de l’inventaire ou recherche d’acheteur plutôt qu’un pourcentage des investissements publicitaires. L’objectif est d’éviter de recréer une « taxe » d’intermédiaire supplémentaire. Encore expérimental, le modèle sera ajusté à partir des retours des premiers partenaires. Des formules intégrant des quotas de produits créés pourraient également être envisagées.

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