26 mai 2026

Temps de lecture : 6 min

GEO : tout ce qu’il faut savoir pour se préparer à la révolution du search agentique

Alors que Google Search fait sa mue agentique, que les LLM sont de plus en plus utilisés et que le social ou l'e-commerce s'imposent comme nouveaux acteurs du search, l’écosystème digital est en plein questionnement. Quel impact ces évolutions auront-elles sur le trafic des sites ? Si les clics disparaissent, où se situera le search dans le funnel marketing ? Et comment mesurer les performances de sa stratégie GEO ? Autant de questions auxquelles l’Alliance Digitale tente de répondre dans un récent livre blanc. L’opportunité pour Minted de vous en livrer les principales conclusions, et bien plus, dans une série d’articles.

Épisode 1 : quel est l’impact de l’IA search sur le trafic et les clics ?

À l’occasion de la publication de son premier guide de référence sur le Search à l’ère de l’IA, l’Alliance Digitale réunissait chez Mirakl le 20 mai son écosystème afin d’évoquer les grandes évolutions récentes du secteur.

Et c’est peu dire que ces évolutions sont nombreuses et constantes : avant même la présentation du livre blanc, tout le monde commentait les annonces réalisées la veille lors de Google I/O 2026 et Google Marketing Live, à commencer par l’arrivée de l’IA agentique directement dans la barre de recherche.

Pour aller plus loin :

Une révolution pour le moteur de recherche, qui pourra désormais mettre en place des alertes pour vous informer si un nouveau produit correspondant à vos critères de recherche est disponible, mais aussi générer à la volée des graphiques pour expliquer un concept ou encore agir directement pour votre compte sur certains sites.

Une révolution aussi pour les marques : si les IA « standalone » comme ChatGPT, Claude ou Perplexity ne pèsent qu’1 ou 2% de leur trafic, ce n’est pas le cas de Google, qui est un pourvoyeur bien plus important de visites.

Pour l’instant, ces nouveautés ne concernent pas la France, où ni AI Overview ni l’AI Mode – soit les réponses synthétisées par l’IA et un mode conversationnel permettant de les interroger – ne sont disponibles. Mais cela ne saurait tarder.

La baisse va être violente, de l’ordre de 20 à 30% selon les secteurs”, prévient Benoît Rousseau, Head of SEO de Performics, lors de l’une des tables rondes de la matinée. “Mieux vaut être prêt avant qu’après”, ajoute-t-il.

Cela tombe bien : c’est tout l’enjeu du livre blanc présenté par l’Alliance Digitale. D’un côté, réussir à mettre en place les bonnes pratiques qui vont prévaloir à l’heure du GEO.

De l’autre, se poser les bonnes questions quant à l’utilisation de ces outils, alors que le développement de l’IA agentique et des LLM écrase les parcours d’achat.

Tout le monde se focalise sur le trafic, mais le vrai sujet est celui de la découvrabilité de sa marque. L’enjeu n’est plus le clic en bas de funnel : c’est d’apparaître dans les recommandations des LLM, au début du parcours”, note Olivier Debray, cofondateur de Smalk AI, une solution qui vise à faire de la publicité à destination des agents IA.

Autant de sujets qui méritent bien d’y consacrer une série d’articles cette semaine. En commençant par la question que beaucoup se posent :

Quel impact l’IA search a-t-il sur le trafic des sites ?

Le développement ultra-rapide des LLM comme outils de search est réel, puisque leur usage a doublé depuis 2024, pour représenter environ 1,5% de l’activité en ligne des internautes de l’Union européenne et du Royaume-Uni, selon une récente étude de l’entreprise Datos citée par l’Alliance Digitale.

De leur côté, les moteurs de recherche, à commencer par l’ultra-dominant Google, pèsent toujours plus ou moins 10% de l’activité en ligne. Un chiffre stable sur la période.

Plus qu’une révolution, le rapport montre une évolution graduelle. Même si les volumes doublent en un an, on est encore loin de l’usage de Google Search”, indique David Eichholtzer, fondateur de l’agence WAM et lead du groupe de travail de l’Alliance Digitale à l’origine du livre blanc.

D’où l’enjeu du déploiement, à terme, des résultats d’AI Overview dans Google Search, qui apparaissent sur 20 à 30% des requêtes en moyenne : soit autant de requêtes sur lesquelles l’utilisateur n’interagit avec presque aucun lien.

Y compris ceux de Google : « le résultat d’AI Overview s’impose à l’utilisateur, mais ce dernier va rarement plus loin avec le mode conversationnel proposé par l’AI Mode”, explique David Eichholtzer. Selon Datos, le taux d’engagement n’est que de 0,2% sur cette fonctionnalité.

Toutefois, la crainte d’une perte de trafic est à nuancer. L’apparition d’AI Overview est graduelle et dépend de la typologie des requêtes. “Il y a un an, cela ne concernait que 2 à 3% des requêtes. Désormais, l’affichage n’intervient que dans 3% des cas sur les recherches transactionnelles, mais peut monter à 60 ou 70% pour certaines recherches d’information”, complète David Eichholtzer.

Des recherches complexes, précise de son côté Delphine Binet, Responsable Audience & SEO de RMC BFM, à l’occasion d’une autre table ronde : “AI Overview intervient surtout en réponse à des requêtes complexes, ce qui est moins le cas pour l’actu. Tant que nous sommes présents dans Google Discovery et dans le carrousel de liens vers des sites médias qui apparaissent dans les résultats de recherche, nous pensons que la baisse de trafic sera limitée à moins de 5%.

Hausse des impressions, mais baisse des clics et du trafic sur site : connaissez-vous l’effet crocodile ?

Or, avec le développement de l’IA search, les requêtes deviennent de plus en plus complexes. Une évolution confirmée par Fabrice Canel, Principal Product Manager de Microsoft Bing, qui est aujourd’hui le moteur utilisé par la majorité des grands LLM du marché – en dehors de Gemini de Google – pour effectuer leurs requêtes en ligne.

Le passage au search conversationnel rebat les cartes : les requêtes deviennent plus complexes. Certes, l’utilisateur qui veut se rendre sur un site particulier cliquera toujours. Mais ceux qui cherchent de l’information sur un produit donneront beaucoup plus de détails lors de la requête et ne cliqueront plus en mode “exploratoire” sur les premiers résultats de recherche. L’enjeu n’est donc plus de placer les bons mots-clés sur son site, mais de s’adapter à une nouvelle réalité où le search est multimodal, et où ce qui compte, c’est la confiance qu’ont les LLM en votre marque”, indique Fabrice Canel.

Fabrice Canel, interviewé par David Eichholtzer.

L’an passé, une étude menée par Pew Research montrait qu’AI Overview intervenait seulement en réponse à 8% des requêtes comprenant un ou deux mots, mais était présent dans la moitié des résultats pour des requêtes de plus de dix mots, et même à 60% lorsqu’une question est posée directement dans la barre de recherche.

Par ailleurs, si les requêtes sont plus longues, elles sont aussi plus nombreuses. Fin 2025, François Loviton, CEO de Google Advertising France, notait déjà que, depuis le lancement des fonctionnalités AI Overview et AI Mode, Google observait une hausse de 10% du volume global de requêtes.

Pour aller plus loin : GEO : Google révèle 3 façons d’améliorer sa visibilité sur son moteur de recherche

De quoi aboutir, selon l’Alliance Digitale, à un “effet crocodile” : une hausse des impressions d’un côté, une baisse du nombre de clics de l’autre.

L’effet crocodile, selon l’Alliance Digitale

Dès lors, plusieurs questions se posent :

  • Comment optimiser sa présence en ligne pour apparaître dans les résultats proposés par les IA ?
  • Où se situe le search dans le funnel marketing des marques désormais ?
  • Comment mesurer cette présence, mais aussi l’impact réel d’une exposition passive à ces résultats, alors qu’a priori le clic ne fait plus foi ?

Des questions que nous aborderons dans la suite de cette série.

Mais avant, posons-nous une dernière question : est-on véritablement passé à l’ère du zéro clic ?

Là aussi, la nuance s’impose.

Comme le remarque sur LinkedIn Jérémy Lacoste, DG d’Eskimoz France, le rapport de Datos indique que 46% des recherches desktop (soit un tiers des recherches globales) aboutissent toujours sur un site.

Par ailleurs, face à la baisse du trafic organique, les marques dépensent plus en SEA, et le nombre de clics sur des liens sponsorisés a augmenté de 50% depuis janvier 2025.

Lors de Google Marketing Live, Debbie Weinstein, présidente EMEA de Google, rappelle d’ailleurs que Google “continue d’envoyer des milliards de clics sur le web chaque jour”.

Pour aller plus loin : Google Marketing Live 2026 : face aux craintes, Google défend sa révolution agentique

Et cela devrait perdurer, tant Google dépend du reste de l’écosystème : “Des études montrent que, depuis le début de l’année 2026, on observe un inversement de la tendance, avec des taux de clics sortants depuis les AI Overviews qui s’améliorent mois après mois. Google a bien compris qu’il ne pouvait pas se mettre à dos l’intégralité des marques et des éditeurs du web, sous peine de voir ses sources de revenus et d’informations se tarir. Il y a une redistribution de l’attention qui s’organise”, nous rassure David Eichholtzer.

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