14 juin 2026
Temps de lecture : 5 min
Gartner estime prédit que d’ici 2028, au rythme actuel d’adoption des usages IA, jusqu’à 25% des recherches basculeront vers les moteurs génératifs.
Quant à la taille du marché du GEO (Generated Engine Optimization), les chiffres varient fortement selon la méthodologie. Mais elles convergent sur l’ordre de grandeur initial et le rythme de croissance. Selon le cabinet Valuates Report, le marché mondial des services GEO était valorisé à 886 millions de dollars en 2024, et projeté à 7,3 milliards de dollars en 2031, soit un taux de croissance annuel de 34%.

Inutile de dire que cette manne intéresse tout le monde : les plateformes, les agences SEO, les technos, les médias. Résultat : une offensive commerciale tous azimuts, structurée autour de briques bien identifiables.
Uni-médias Publicité ouvre ainsi son offre GEO Boost par un audit de la présence de la marque dans les réponses des IA.
Prisma Media et Reworld Media procèdent de même, avec une phase d’audit pour identifier le positionnement de la marque partenaire : nombre de citations, prompts concernés, tonalité associée.
Media Figaro débute par un audit sémantique du site de la marque. Le constat est souvent le même : le contenu existant, bien qu’il serve à entraîner l’IA, ne correspond pas aux critères techniques permettant d’être cité dans les réponses générées.
Ordre de prix : Chez Prisma Media Solutions, cet audit ouvre l’offre Content for LLM, à partir de 10.000 euros.
Deuxième brique, la production. Mais attention : écrire pour une IA n’est pas écrire pour Google.
Le Monde l’a bien compris. Selon Charles Duenas, directeur Data & CRM au Groupe Le Monde, interrogé par mntd.fr :
« Les critères de sélection des articles par l’IA ne sont pas forcément les mêmes que ceux du search, tout comme les requêtes des utilisateurs sur ChatGPT diffèrent grandement de celles tapées sur Google ».
Justine Werbrouck, Directrice marketing et stratégie chez M Publicité complète : les thématiques qui performent dans les « top articles » de ChatGPT ne sont pas forcément les mêmes que sur Google ».
Media Figaro pour sa part, s’appuie sur l’agence 14H, pour créer des contenus “GEO friendly”. Ces productions sont optimisées à la fois pour le référencement naturel (SEO) et pour les moteurs conversationnels.
La création de contenus s’accompagne directement de leur infiltration dans l’écosystème éditorial existant : insertion d’articles dans le flux de production des médias, avec une mention « partenaire » ou « sponsorisé », plus ou moins discrète, selon les pratiques.
Ou en fin d’articles on inclut avec des

La force de frappe, c’est le portefeuille de titres. Chaque groupe mobilise le sien.
Uni-médias active ses 12 marques médias touchant 10 millions de visiteurs uniques mensuels, dont Santé Magazine, Parents, Régal ou Détours en France.
Reworld Media joue la même carte à plus grande échelle, avec 80 marques thématiques et un outil propriétaire de pilotage.
Prisma Media privilégie de son côté les marques médias disposant de la plus forte autorité pour la phase de co-création : Capital, GEO, Femme actuelle, CuisineAZ, ou Télé-Loisirs…
20 minutes propose une diffusion dans ses rubriques magazines telles que « Tempo » et « Guide
d’achat » et revendique une grosse puissance sociale avec 80 millions de vidéos vues, 7 millions d’abonnés à ses réseaux sociaux.

Sans preuve d’efficacité, pas de réassurance budgétaire. Chaque acteur revendique donc son outil, sa méthode, son partenaire technique. Mais, c’est sur cette partie qu’ils sont le moins convaincants, car, à part Le Monde qui a conclu un partenariat avec OpenAi, personne ne dispose des données d’usage des moteurs d’IA.
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Il n’y a pas de tableau de bord des prompts les plus populaires comme sur Google. Les tests sont faits sur des échantillons et profils limités, avec des biais énormes et sans avoir les conversations elles-mêmes, personnalisées par définition. La logique de classement sur des termes semble donc pour le moins complexe à déduire.
En réalité, la présence de marque fortes tient surtout aux accords passés avec les plateformes (comme Reddit ou Le Monde) qui leur garantissent une priorité d’affichage, ou des sortes de quotas.
Prisma Media s’est associé à la plateforme Minddex et affiche un chiffre fort : 83% des marques testées auraient amélioré leur visibilité dans les réponses IA.
Reworld Media mise sur un outil propriétaire en bêta depuis mars dernier. Bastien Deleau précise le protocole pour le site Open Garden : « Trente à soixante jours après la campagne, nous mesurons si la marque remonte mieux, plus souvent et de manière qualitative dans les modèles ».
Le Monde joue dans une autre catégorie. Grâce à ses partenariats avec OpenAI dès mars 2024, puis Perplexity et Meta en 2025, le titre dispose de données déterministes, là où la plupart des agences naviguent au probabiliste.
Certains refusent de choisir. Dékuple théorise une approche baptisée GSO (global search optimization), qui réconcilie SEO et GEO sous une même enveloppe budgétaire, articulée en trois briques : technique (optimisation pour les bots LLM, fichier llms.txt, microformats enrichis), sémantique (guides pratiques, FAQ, études de cas, données comparatives) et notoriété (co-citations, mentions positives, présence sur des sources d’autorité comme Wikipédia).
S’agissant de la partie technique, Olivier Martinez, auteur de la newsletter IA-Pulse, pense au contraire que la structuration des données dans le code n’impacte pas le référencement GEO. Seule compte la structuration visible des pages crawlées, comme en témoigne cette étude allemande.
Selon l’agence Incremys, 99% des citations dans les AI Overviews proviennent du top 10 organique, et 87% des citations ChatGPT correspondent aux top résultats Bing. Ce qui tend à confirmer que le GEO ne remplace pas le SEO, il s’y ajoute.
Pour le moment, il ne peut en être autrement, car les moteurs d’IA piochent dans Google ! La plupart des LLM (à part Perplexity) ne possèdent pas leur propre crawler. Ils aspirent donc les contenus des moteurs de recherche. Mais l’évolution prochaine du moteur de Google en agent personnalisé intelligent laisse plutôt penser que la logique du SEO ne va pas durer éternellement.
Hors presse pure, les agences SEO investissent le terrain. Webconversion propose des backlinks GEO avec une stratégie de netlinking adaptée, intégrés dans une offre globale d’audit et d’optimisation.
Reddit générerait aujourd’hui plusieurs millions de visites en provenance des LLM, un territoire que les stratégies de netlinking ne peuvent plus ignorer. Mais on a aussi vu pourquoi : l’accord de distribution entre Reddit et OpenAI, y fait beaucoup.
Dernier service, et pas le moindre : les relations presse classiques deviennent un actif GEO à part entière. Cision l’affirme sans détour : plus une marque est présente dans des médias reconnus, plus elle est perçue comme fiable par les IA, et plus elle remonte dans les réponses générées.
La preuve par les chiffres : les communiqués diffusés via le réseau PR Newswire seraient entrés dans le top 20 des sources des LLM et moteurs IA, selon une analyse Semrush d’octobre 2025. C’est le dernier domaine de la liste ci-dessous :

Conclusion : les médias, régies et agences répondent à une demande croissante des annonceurs s’agissant du référencement dans les moteurs de réponses, appelés à se développer vite. C’est une source de revenus bienvenue pour la presse, même si les indicateurs de performance sont souvent bien moins fiables qu’annoncé.
D’autant que le GEO va beaucoup évoluer avec la fin progressive du moteur de recherches classique et de son index de requêtes classées par popularité. Quand chaque réponse sera personnalisée en fonction de la conversation, les positions ou les citations globales des marques seront très dures à évaluer. Seule restera sans doute la mesure entrante du trafic : ses propres logs.
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