4 octobre 2026
Temps de lecture : 3 min
C’était l’une des tendances et prédictions que j’avais faite en décembre 2022, pour l’année 2023. J’étais juste un peu en avance ^^
Le projet de refonte de l’application du Temps présenté mardi 29 septembre 2026 au festival The Audiencers est l’un des premières matérialisations de cette prédiction.

Un bouton « mode » permet dans ce prototype, d’afficher un même contenu sous des formats différents : texte classique (mode lecture), audio (écoute) ou visuel (immersif) avec une sorte de diaporama en parallaxe inversant le rapport texte-images.
Ceci permettra au quotidien suisse deux choses :
L’application pourrait sortir à l’occasion du sommet mondial de l’IA à Genève en juin 2027 confie Pierre-Adrian Irlé, directeur exécutif du groupe Le Temps.
Cette application très novatrice dans sa forme n’est toutefois qu’une étape dans la révolution des interfaces permise par l’IA générative.
L’étape d’après est d’ajouter de la vidéo, en allant puiser dans un stock de séquences vidéo. C’est ce que propose déjà l’application Playplay qui a fait un partenariat avec Gettyimage pour proposer la création automatique (ou semi-automatique) de vidéos, à partir d’un prompt.

L’étape suivante est le pilotage de l’application à la voix. « Captain Kirk à Entreprise » évoquais-je dans ma vidéo introductive.
Enfin, viendra sans doute le temps de la personnalisation avancée grâce à laquelle, l’application s’adaptera aux habitudes de chacun : un petit résumé audio en fin de journée pour les uns, une sélection de sujets plutôt écrits le matin pour la lecture du petit déjeuner pour les autres. Ou encore un mix texte et vidéo avec analyse poussée pour le brunch du dimanche.
Mais, comme le souligne Pierre-Adrian Irlé, il faudra « préserver des zones rédactionnelles non-automatisables, comme les Home et certaines zones immuables ».
Les utilisateurs ont en réalité besoin de trois choses dans des proportions différentes selon leur âge et leur psychologie : l’information qui leur correspond (personnalisée), l’info qui plaît à leurs amis (découverte par recommandation), et l’info qui nous relie au monde et à la société (découverte et « carburant social » qui alimente la conversation).

Contexte a créé Ask, son chatbot interne, entraîné et alimenté par ses propres contenus.
La valeur-ajoutée : une information sûre, fraîche et sourcée.
« Chaque réponse s’appuie sur les contenus experts de Contexte et les sources officielles pour vous garantir une information rigoureuse, vérifiée et toujours citée », précise le site.
Ce, à la différence de ChatGPT et autre Claude qui vont piocher un peu partout pour faire une synthèse de sources de niveau de fiabilité différente.
Ceci lui permet non seulement d »enrichir l’offre de service du site b2b, dans une optique de recrutement, mais aussi d’augmenter l’engagement des clients, afin de mieux les fidéliser.
David Balagna, Directeur Product chez Contexte, confirme la hausse de l’engagement grâce à un usage tout au long de la journée, et plus simplement le matin, lors de la consultation du briefing quotidien.

A noter une fonctionnalité UX clé : la suggestion de prompts, en plus du champs de recherche libre (ci-dessus : « fais un point d’étape sur le dossier » etc.)
C’est aussi ce qui fait le succès de l’outil Gemini Notebook de Google (anciennement Notebook LM). D’ailleurs, c’est aussi ce qu’on apprécie des LLM : les suggestions à la fin des tâches qu’on leur confie, qui permettent souvent d’aller plus loin.

L’information importante : le chatbot IA ne remplace pas le produit phare, à savoir le briefing éditorialisé, il le complète. C’était aussi le message de Quentin Leredde directeur produit du Monde qui a partagé quelques chiffres concernant l’impact des articles audio générés via l’IA, sur l’engagement des lecteurs.

Olivier Cambournac, directeur général délégué de Jeune Afrique confirme. Les articles audio sont bien « un levier de rétention, d’engagement qui permet de reconquérir les temps morts ».
D’après ses chiffres, les articles audio ont été trois fois plus consultés que les articles classiques sur 90 jours. Par ailleurs, la fonction audio a aussi diminué le taux de résiliation de 14 points.
Conclusion : l’IA générative démonétise beaucoup l’article classique, tant il est désormais à la portée de tout le monde. Mais elle permet aussi une bien meilleure valorisation de ses contenus, grâce au multi-format et aux chatbots. Ces derniers permettent une meilleure exploitation des archives et plus d’engagement via l’information à la demande. Il est urgent que les médias s’emparent de ces possibilités, car les plateformes, elles ne tarderont pas à s’y mettre comme le laissent présager les fonctionnalités naissantes d’un Notebook LM, notamment. Vous le voyez venir le super coach Google qui intègre du Discover, l’IA mode (le chatbot) en multi-format ?
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