Web3 et crypto : ce qu’il faut retenir du rapport d’Andreessen Horowitz


  • Le fonds d'investissement star de la tech, Andreessen Horowitz, vient de publier un rapport d'une soixantaine de pages dans le cadre duquel il passe en revue les principales tendances du Web3 (NFT, blockchain, Defi, play to earn)
  • Minted vous explique ce qu'il faut retenir de ce rapport amené à devenir un rendez-vous annuel du secteur de la crypto

Investisseur du secteur crypto depuis une dizaine d'années, le fonds Andreessen Horowitz a décidé de faire le point sur un secteur qui, après l'emballement du premier trimestre 2022, est plutôt malmené depuis quelques semaines. Si la chute du stablecoin algorithmique Terra, couplée à celle des principales cryptos du marché, ont refroidi les ardeurs de certains crypto-enthousiastes, il n'y a, à en croire Andreessen Horowitz, pas de raison de s'alarmer. L'univers Web3 est, comme tout marché, composé de cycles, plus ou moins propices à l'innovation. Le contexte actuel, qui préfigure une période plus difficile (bear market) impose de prendre un peu de recul. Chose faite avec ce premier "State of crypto" dont  Andreessen Horowitz  veut faire un rendez-vous annuel. Voici ce qu'il faut en retenir selon Minted. 

Le secteur n’en est qu’à ses balbutiements

Si vous avez l’impression d’avoir loupé le train en marche, parce que vous n’avez toujours pas acheté de crypto ou mis la main sur un NFT, voilà qui devrait - avec le récent effondrement du marché crypto - vous rassurer. Le Web3 n’en est encore qu’à ses balbutiements, à en croire Andreessen Horowitz. Les experts du fonds d’investissement ont ainsi fait chauffer la calculatrice, pour déterminer le nombre d’utilisateurs actifs d’Ethereum, qui est aujourd’hui et de loin, la blockchain qui structure le marché. Ils seraient entre 7 et 50 millions d’utilisateurs actifs selon leurs calculs. 

Le Web3 pourrait atteindre le milliard d'utilisateurs d’ici 2031 

On vous l’accorde, la fourchette est large. Mais l’essentiel n'est pas là. “Par analogie avec l'Internet des débuts, cela nous place quelque part vers 1995 en termes de développement”, estime a16z. Et de rappeler qu’Internet n’a atteint le milliard d’utilisateurs qu’en 2005, à une époque où Facebook et Youtube, deux des plus gros symboles du Web2, n’étaient pas encore de la partie. Selon les calculs d’a16z, ce palier pourrait être atteint d’ici 2031 pour le Web3.

Le Web3 rémunère déjà bien plus les créateurs que le Web2

Le discours est désormais bien connu. Le Web3 s’est construit en opposition au Web2, qui a consacré l’ère de l’Internet participatif et des contenus générés par les utilisateurs (UGC) mais a vu quelques plateformes (Google et Meta pour ne citer que ceux-là) s’accaparer l’essentiel de la valeur. Alors que la creator economy est en plein boom, le Web3 promet de donner les moyens aux créateurs de mieux se financer, en permettant à chacun de lancer une collection de NFT qui sera préemptée par sa communauté ou de tokeniser leurs contenus et d’en toucher des dividendes même sur les ventes secondaires par la magie des royalties. Voilà pour la théorie. Qu’en est-il de la réalité ? 

Sur la seule année 2021, les ventes de NFT ont déjà rapporté quatre fois plus que ce que Meta a reversé à ses utilisateurs depuis l'arrivée de la publicité

Les chiffres sont éloquents, assure a16z. “En 2021, les ventes primaires de NFT basés sur Ethereum (ERC-721 et ERC-1155), plus les redevances versées aux créateurs sur les ventes secondaires sur OpenSea, ont rapporté un total de 3,9 milliards de dollars aux créateurs.” C’est quatre fois plus que le milliard de dollars - moins de 1% de ses revenus - que Meta a réservé aux créateurs jusqu'en 2022. C’est surtout impressionnant quand on met en perspective le nombre de créateurs concernés : 22 400 pour le Web3 (sur la base du nombre de collections NFT) contre près de 3 milliards d'utilisateurs qui publient du contenu au sein des plateformes Meta. Même disparité de revenus par utilisateur avec deux autres géants du Web2, Spotify et Youtube. Le premier a versé 636 dollars par artiste selon les calculs d’a16z. Le second, 2,47 dollar par chaîne. A mettre en perspective avec les 174 000 dollars par créateur du Web3.

Blockchain : un leader, Ethereum, qui est de plus en plus challengé

Sur le Web3, il y a Ethereum et les autres. La blockchain compte de loin le plus grand nombre de projets, avec près de 4 000 développeurs actifs par mois. Viennent ensuite Solana (avec près de 1 000) et Bitcoin (environ 500). “L'avance d'Ethereum a beaucoup à voir avec son démarrage précoce et la santé de sa communauté”, rappelle a16z. Une communauté qui ne regarde pas à la dépense pour continuer à profiter de cette blockchain. Les utilisateurs d’Ethereum ont payé plus de 15 millions de dollars de frais par jour, selon les données d’a16z. Les concurrents sont très loin derrière. BNB Chain, le second, est à 1,3 million de dollars, Avalanche à 800 000 dollars.

Les utilisateurs d’Ethereum ont payé plus de 15 millions de dollars de frais de transactions par jour

La bascule vers une méthode de consensus moins gourmande en énergie, le proof of stake, devrait permettre à Ethereum, qui fonctionne pour l’instant selon la méthode du proof of work, de faire baisser la facture. Mais la transition, initialement annoncée pour la fin du 1er trimestre 2022, se fait toujours attendre. Et ce ne sera manifestement pas pour avant 2023. Derrière Ethereum, les concurrents, qui sont beaucoup moins chers et plus rapides (mais peut-être moins sécurisés), montrent les muscles.

Si on se concentre sur le nombre d’adresses actives et de transactions journalières, c’est Solana, la blockchain qui s’est spécialisée dans le gaming, qui domine le marché de la tête et des épaules, avec 15,4 et 15,3 millions d’adresses actives et transactions journalières. Suivent BNB Chain, la blockchain liée à l'écosystème Binance, avec 9,4 millions d’adresses actives et 5 millions de transactions quotidiennes puis Ethereum (5,5 millions d’adresses actives et 1,1 million de transactions quotidiennes). A chacun de trouver un bon équilibre entre les trois piliers du trilemme de la blockchain que sont la décentralisation, la sécurité et la scalabilité. 

Gaming et NFT : tous les ingrédients sont réunis

Si vous êtes lecteur de Minted, vous êtes déjà familier du concept de play-to-earn, pratique qui consiste à jouer à un jeu adossé à la blockchain et être rémunéré pour son activité. Axie Infinity et Stepn (qui fait du move-to-earn) en sont sans doute les exemples les plus emblématiques. Mais le secteur compte plusieurs centaines de jeux de ce genre (dont une cinquantaine qui revendiquent plus d’un millier d’utilisateurs uniques on-chain). 

20% des NFT vendus en 2021 étaient liés à des jeux vidéo

Les géants du gaming, comme Nintendo, Activision ou Electronic Arts, n’ont pourtant toujours pas investi le secteur du Web3. On vous expliquera, dans un dossier à paraître la semaine prochaine, pourquoi. Cela reste, dans tous les casn, une erreur à en croire, a16z. Tous les ingrédients sont, en effet, réunis pour que le secteur décolle. 20% des NFT vendus en 2021 étaient liés à des jeux vidéo et 49% de l’activité des portefeuilles crypto concerne un jeu.
 

Pour accéder à l’intégralité du rapport d'Andreessen Horowitz.

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