30 juin 2026
Temps de lecture : 2 min
L’intégration de l’IA modifie en profondeur les étapes de post-production et de diffusion. Selon Florian Stège (Checksub), l’IA excelle aujourd’hui dans des tâches de distribution : sous-titrage, localisation, doublage automatique et adaptation dynamique des formats (carré, vertical, horizontal) en fonction des plateformes. Cette automatisation permet aux marques de réinvestir leurs budgets dans la création pure.
Pour Jean-Baptiste Rogé (Pilea Agency), l’IA ne sert pas nécessairement à générer de toutes pièces des images pour des clients qui ont besoin d’authenticité, mais plutôt à optimiser les processus de montage pour livrer plus rapidement et traiter la récolte de données stratégiques.
Côté réalisation, les frontières s’effacent. Jérémy Gross de Motion Dream.AI souligne que le workflow traditionnel est bouleversé : le storyboard se confond désormais avec le tournage. Les contraintes logistiques chronophages et onéreuses (météo, déplacements lointains comme à Hawaï) sont levées, offrant au réalisateur un contrôle total et immédiat. L’IA permet d’accélérer drastiquement les phases de test d’idées, comme le confirme Sergey Likharyev (CkRE)offrant la possibilité de multiplier les concepts sans faire exploser les coûts de fabrication.
Avec l’accessibilité grandissante des outils techniques, ce n’est plus le savoir-faire artisanal de l’assemblage qui prime, mais bien le concept. Sergey Likharyev note que la valeur ajoutée s’est déplacée de la fabrication pure vers la création, la direction artistique et le storytelling. Une histoire puissante primera toujours sur une belle animation vide de sens. À une époque où « tout est possible », la véritable différence se fera sur le « goût », c’est-à-dire la capacité d’un créatif à faire les bons choix artistiques et à formuler des prompts précise grâce à son expérience passée sur des logiciels traditionnels.
La question du remplacement des équipes est sur toutes les lèvres. Pourtant, les intervenants sont unanimes : l’IA ne remplacera pas les créatifs, mais les créatifs qui maîtrisent l’IA remplaceront ceux qui s’y refusent.
Plutôt que de licencier pour réduire les coûts, les entreprises les plus performantes font le choix d’augmenter leurs effectifs actuels. En dotant leurs collaborateurs de ces « boîtes noires magiques », elles multiplient leur productivité, leur rentabilité et leur capacité créative. Il y aura même une « prime à l’expérience », car un monteur ou un réalisateur senior saura exactement ce qu’il attend de la machine et comment la guider.
Une vidéo générée par l’IA peut-elle susciter de l’émotion ? La réponse du plateau est un grand « oui », mais à une condition : que l’humain reste aux commandes. L’IA n’est qu’un outil, comparé par Florian Stège à une casserole : le résultat dépend entièrement des compétences du cuisinier qui l’utilise.
Actuellement, l’IA n’a pas « l’œil d’un réalisateur » capable de ressentir intuitivement qu’une lumière est mauvaise ou qu’une émotion sonne faux lors d’une prise. L’émotion provient de l’intention, de la mise en scène et du vécu de l’humain qui rédige le prompt et dirige l’outil. D’ailleurs, les spectateurs ne cherchent pas à savoir si une vidéo est faite par une IA ; ils veulent simplement être touchés par une belle histoire.
L’émission dans son intégralité :
Topics
TOUS LES MATINS, RECEVEZ UNE DOSE D'ADTECH, D'EVENEMENTS, D'INNOVATIONS, MEDIA, MARKETING...
Je découvre les newsletters Minted !