10 septembre 2026
Temps de lecture : 4 min
Porté par l’intégration massive de l’intelligence artificielle et l’automatisation des achats médias, l’industrie publicitaire mondiale devrait atteindre 1 337 milliards de dollars en 2026, prolongeant un premier semestre particulièrement soutenu avec une hausse de 12,7 % au deuxième trimestre, selon une étude publiée par le cabinet d’études et de conseil Madison & Wall.
L’intelligence artificielle s’impose comme le levier central de cette dynamique à travers plusieurs mécanismes:
Le boom de l’IA soutient l’activité publicitaire à court terme, mais il faut s’attendre à des tensions financières à moyen terme. Les besoins colossaux en capital des géants du numérique entrent en concurrence directe avec les emprunts d’État (bonds du Trésor), contribuant au maintien de taux d’intérêt élevés et au durcissement des conditions de crédit.
Une modération progressive est donc anticipée : la croissance mondiale devrait ralentir à 7 % en 2027, puis se stabiliser entre 5 % et 6 % d’ici 2030 selon les estimations de Madison & Wall. Si les retours sur investissement des infrastructures d’IA s’avéraient insuffisants, un ajustement des capex pourrait affaiblir l’un des piliers actuels du marché publicitaire.
Performances par canal au niveau mondial :
La concentration demeure marquée : Alphabet, Meta et Amazon (les « Big Three ») captent 60 % des recettes publicitaires en Amérique du Nord et 59 % en région EMEA.
En France, le rapport estime que le chiffre d’affaires publicitaire total sera 26 534 millions d’euros en 2026, marquant une hausse de +8,5 % sur un an.
Le marché de la publicité en ligne atteindra 19 361 millions d’euros en 2026, représentant 73,0 % du marché publicitaire français. Cette progression (+12,6 %) s’appuie sur le Social (+17,2 % à 7 114 M€), le Commerce Media (+17,7 % à 3 835 M€) et le Search (+8,3 % à 6 409 M€).
Les recettes de la télévision totale baissent de -3,3 % en 2026 (à 3 071 M€). La TV linéaire classique recule de -7,3 % (à 2 436 M€), tandis que la TV digitale (Connected TV, replay, streaming) progresse de +16,4 % (à 636 M€).
L’Affichage (OOH) poursuit sa hausse avec +4,4 % (1 383 M€). La Presse écrite (-1,3 % à 1 596 M€), l’Audio (-0,8 % à 704 M€) et le Marketing direct (-2,5 % à 418 M€) affichent de légers replis.
Madison & Wall estime les revenus publicitaires selon une approche « bottom-up », construite principalement à partir des données financières publiées par les entreprises : chiffre d’affaires publicitaire, comptes, documents réglementaires, présentations investisseurs ou données liées aux transactions.
Lorsque les plateformes internationales ne publient pas leurs revenus pays par pays, le cabinet répartit leurs revenus globaux ou régionaux à l’aide de modèles propriétaires intégrant notamment l’usage local, la concurrence, la demande publicitaire et la structure du marché. Les données publiques, réglementaires, d’audience ou issues d’organismes professionnels servent ensuite à compléter les zones où l’information financière est insuffisante. Madison & Wall indique que plus de 90 % des revenus de sa base reposent directement sur des données financières ou sur des allocations dérivées de celles-ci.
Pour la France, les revenus des grandes plateformes qui ne publient pas de chiffre d’affaires publicitaire national sont estimés à partir de leurs revenus globaux ou régionaux, puis répartis selon un modèle propriétaire tenant compte notamment de l’usage local, de la concurrence et de la demande publicitaire. Les chiffres sont donc à prendre avec des pincettes.
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