16 juillet 2026

Temps de lecture : 2 min

Google Ads déploie l’étiquetage des publicités créées ou modifiées par l’IA

Google a annoncé l'intégration d'un nouveau dispositif de transparence qui permet de signaler si une publicité a été générée ou modifiée par l'intelligence artificielle. Quelles implications cela va-t-il avoir pour les annonceurs et agences ?

Google veut fournir des outils de transparence pour aider les utilisateurs et les annonceurs à s’adapter aux nouvelles réglementations. Le timing est millimétré : le déploiement de cette fonctionnalité intervient quelques semaines seulement avant l’entrée en application, le 2 août 2026, des obligations de transparence imposées par l’article 50 de l’AI Act européen. Cette réglementation encadre strictement le marquage des contenus générés ou manipulés par l’intelligence artificielle.

Google fournit l’infrastructure technique via son panneau My Ad Center pour signaler l’utilisation de l’IA. Cependant, la responsabilité juridique finale repose toujours sur les épaules de l’annonceur ou de l’agence. L’utilisation de ce dispositif ne garantit pas à elle seule une conformité juridique parfaite. Les directions juridiques des marques devront donc s’assurer que leurs équipes media activent correctement ces options. Autrement dit, si un media buyer oublie (ou omet volontairement pour préserver ses taux de clics) de signaler manuellement qu’un visuel importé a été généré par une IA tierce, c’est la marque annonceur qui sera tenue responsable vis-à-vis des autorités.

Avantage concurrentiel pour la stack créative de Google

Sur le plan opérationnel, le dispositif de Google introduit une différence de traitement selon la provenance des assets créatifs :

  • Si vous utilisez les outils génératifs de Google : le processus est transparent et natif. Grâce à des filigranes imperceptibles comme SynthID, la plateforme détecte et ajoute automatiquement la mention de l’usage de l’IA.

  • Si vous utilisez une IA tierce (Midjourney, Adobe Firefly, etc.) : l’automatisation s’arrête. Le processus devient purement déclaratif et l’annonceur doit manuellement signaler l’utilisation de l’IA.

Cette friction supplémentaire crée un puissant argument de vente pour l’intégration verticale de Google : concevoir ses assets directement au sein de Google Ads garantit un marquage automatique, ce qui réduit le risque d’oubli et de non-conformité pour les agences.

Une UI « à faible friction » pour protéger les performances (CTR/CVR)

Les media buyers pouvaient légitimement craindre qu’un label « Généré par l’IA » vienne barrer la création publicitaire et nuire aux taux de clics ou à la confiance des consommateurs. Google a opté pour une approche protectrice des KPIs : dans la majorité des cas, l’information ne sera pas immédiatement visible sur la publicité.

L’utilisateur devra effectuer une action délibérée (cliquer sur le menu à trois points ou l’icône d’information) pour ouvrir la rubrique « Comment cette annonce a été conçue ». Ce choix d’une conformité « à faible friction » permet de répondre aux exigences des régulateurs sans pénaliser l’expérience utilisateur et les performances des campagnes générées par l’IA. Des labels directs sur l’annonce ne seront affichés que si les réglementations locales l’exigent strictement.

Pour que les annonceurs (et les internautes) acceptent de déléguer la création à la machine sans craindre la diffusion de deepfakes ou des crises de brand safety, Google devait impérativement construire cette couche de traçabilité. À noter toutefois une zone d’ombre pour les professionnels : l’outil indique la présence de l’IA, mais ne détaille ni la proportion de l’annonce générée par la machine, ni si l’IA est intervenue pour de la simple retouche ou une création de A à Z.

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