8 juin 2026
Temps de lecture : 3 min
L’écosystème de la vidéo a subi des bouleversements radicaux au cours des dernières décennies, de l’émergence de YouTube en 2006 à la redéfinition de l’attention par TikTok en 2020. Aujourd’hui, nous sommes entrés dans l’ère du Global Video ou du Total Video, caractérisée par une multiplicité d’écrans, de plateformes et d’environnements de diffusion.
Une analyse approfondie de plus de 100 campagnes publicitaires menées entre 2023 et 2025 par l’agence Origine (Orixa Group) met en lumière les stratégies adoptées par les marques pour survivre et prospérer dans ce nouveau paradigme. Voici les principaux enseignements à en tirer.
Le modèle traditionnel de la publicité imposée lors d’une coupure collective est en train de s’effacer. Bien que la télévision linéaire conserve 61 % de la consommation vidéo, les formats à la demande (plateformes de streaming, vidéo sociale, plateformes des chaînes) représentent désormais 39 % des usages.
Cette fragmentation est propulsée par la multiplication des écrans : les foyers français possèdent en moyenne 5,7 écrans. Les utilisateurs naviguent constamment du smartphone (utilisé par 88 % d’entre eux pour la vidéo) à l’ordinateur (72 %) et au téléviseur (69 %). Par conséquent, la vidéo est devenue un média adressable : grâce à la donnée, deux foyers regardant le même programme peuvent aujourd’hui être exposés à des publicités totalement différentes. Il est ainsi possible d’allier la puissance de la télévision à la précision du ciblage digital.
Face à cette dispersion de l’attention, les annonceurs ont radicalement réorganisé leurs investissements entre 2023 et 2025 :
Le principal défi de cette fragmentation concerne la mesure des performances. L’indicateur historique de la télévision, le GRP (Gross Rating Point), ne suffit plus car il est incapable de mesurer l’exposition sur la télévision connectée, la VOD ou les réseaux sociaux. Les marques risquent ainsi de surexposer les gros consommateurs de streaming tout en sous-investissant sur des environnements pourtant très performants.
Pour pallier ce problème, de nouveaux indicateurs s’imposent :
Le format même des publicités se transforme. Sur le grand écran, la diffusion classique perd du terrain au profit de nouveaux formats. En 2025, les formats interactifs (QR codes, expériences shoppable) captent 20 % des budgets, justifiés par un impact moyen supérieur de +30 % par rapport à une publicité classique. Les formats intégrés au contenu (comme le skin content) représentent quant à eux 25 % des investissements.
Par ailleurs, la méthode de production change : le modèle du film publicitaire unique (« spot hero ») disparaît au profit d’une approche modulaire. Un même message doit se décliner en formats 9:16, 16:9, avec ou sans son, en 6 ou 30 secondes pour s’adapter à chaque plateforme. Pour relever ce défi créatif et financier, les marques s’appuient massivement sur l’intelligence artificielle et les plateformes de templating, qui permettent d’industrialiser la production et d’optimiser les campagnes en temps réel en fonction de leurs performances.
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