18 juin 2026
Temps de lecture : 3 min
Rudy Lellouche, Co-fondateur et CPTO d’Aive, rencontré à Viva Tech.
Les moteurs d’IA (comme ChatGPT, Claude ou Gemini) redéfinissent notre façon de rechercher de l’information. La vidéo, format pourtant dominant et omniprésent sur le web, reste aujourd’hui un angle mort pour ces nouveaux moteurs de réponse. Résultat, des millions d’heures de contenus à forte valeur ajoutée (démonstrations, interviews, reportages) sont exclues de cette nouvelle économie de la recherche.
Dans le cadre de l’édition 2026 de Viva Tech, Aive a annoncé le lancement mondial d’un nouvel outil qui permet justement aux vidéos d’être lues par les LLM.
Aive s’appuie sur une combinaison technologique: sa technologie propriétaire MGT (Multimodal Generative Technology) associée aux modèles open source NVIDIA Nemotron. Cette synergie permet d’analyser plus de 25 signaux simultanés dans une vidéo (scènes, intervenants, émotions, contexte spatial) et de lier précisément ce qui est dit à l’oral avec ce qui est affiché à l’écran.
« Notre technologie ne fait pas que de la description basique. Elle traque les éléments de manière spatio-temporelle : nous analysons les actions, leur enchaînement, leur durée exacte. D’ailleurs, cette capacité de compréhension fonctionne tout aussi bien sur des vidéos totalement muettes. », explique Rudy Lellouche, Co-fondateur et CPTO d’Aive, rencontré à Viva Tech.
Pour rendre une vidéo compréhensible pour un LLM, Aive va générer du texte correspondant.
« Nous agissons comme de véritables traducteurs pour les IA. Notre rôle est de décomposer les vidéos en de multiples thématiques et de générer le texte correspondant, afin de rendre ces contenus visuels intelligibles et « digestes » pour les LLM », continue-t-il.
On pourrait se demander pourquoi les géants de l’IA n’intègrent pas directement cette capacité de « visionnage ». Pour Rudy Lellouche, la réponse est avant tout économique et légale.
« L’analyse multimodale d’une vidéo est un processus extrêmement lourd et aujourd’hui, cela coûterait beaucoup trop cher aux LLM. Notre rôle est de leur prémâcher le travail en traduisant ces vidéos en de multiples thématiques textuelles pour les rendre « comestibles ». De plus, cela règle la question des droits d’auteur, puisque nous leur fournissons un contenu vérifié dont l’exploitation est autorisée par les marques et les médias », détaille-t-il.
Tous ces éléments extraits sont ensuite structurés dans un Video Content Graph, un maillage intelligent qui interconnecte l’ensemble des sujets abordés par une marque ou un média au fil du temps, créant ainsi une base de données directement exploitable par les agents conversationnels.
Jusqu’à présent, la stratégie de diffusion des vidéos se limitait principalement aux réseaux sociaux, où la durée de vie d’un contenu est extrêmement courte. Avec l’optimisation pour les moteurs génératifs (GEO), Aive offre aux marques et aux médias l’opportunité de s’affranchir de cette contrainte temporelle.
« Aujourd’hui, la durée de vie d’une vidéo est très limitée par la nature éphémère des réseaux sociaux. Notre solution de découvrabilité permet de s’affranchir de cette courbe de consommation classique. Nous offrons la possibilité de monétiser et de valoriser ces contenus sur le long terme, même lorsque le pic d’audience initial est passé. », souligne Rudy Lellouche.
La structuration de ces données transforme d’ailleurs d’anciens centres de coûts, à savoir le stockage vidéo, en centres de profits. Pour les médias engagés dans un bras de fer avec les géants de la tech, c’est une opportunité, selon le cofondateur:
« Les médias essaient aujourd’hui de faire payer les LLM pour l’utilisation de leurs articles textuels, mais c’est compliqué de facturer quelque chose qui est déjà facilement accessible sur le web. En revanche, les archives vidéo sont par définition inaccessibles pour ces IA. En rendant ces vidéos lisibles, les médias détiennent une véritable carte à jouer pour négocier et monétiser l’accès à ce puits de connaissances. »
C’est d’ailleurs un enjeu crucial pour les créateurs de contenus. Les plus grands influenceurs d’aujourd’hui limitent leur présence à YouTube, TikTok ou Instagram, mais n’ont absolument aucune existence médiatique sous forme de texte. La technologie d’Aive pourrait leur permettre d’exister en dehors de ces plateformes et d’être enfin recommandés par les moteurs de réponse.
En créant du contenu qui alimente les moteurs IA, on peut craindre l’arrivée d’un Internet à double visage : une version destinée aux humains et une version dédiée aux robots. Toutefois, l’approche d’Aive se veut centrée sur l’utilisateur final. L’objectif n’est pas de cacher des textes invisibles sur des sites fantômes, mais bien de créer une véritable couverture média autour de la vidéo, en générant des articles qui profitent à la fois au référencement SEO classique et aux LLM.
« Il ne faut pas concevoir des contenus uniquement pour les algorithmes, mais bien pour les humains, tout en s’assurant qu’ils soient parfaitement compris par les IA. C’est l’essence même de notre solution : maximiser la visibilité pour tous. » précise le cofondateur.
Alors que Google se transforme progressivement en moteur d’IA, l’enjeu pour les entreprises n’est plus seulement d’être bien classées sur une page de résultats, mais d’être citées directement par l’intelligence artificielle comme source d’autorité. Comme le résume parfaitement Rudy Lellouche : « À l’ère des moteurs génératifs, ne pas être découvert par ces IA, c’est tout simplement ne pas exister. »
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