20 octobre 2026

Temps de lecture : 3 min

25 milliards de requêtes : les agents IA intensifient leur activité sur le Web

Selon DataDome, le trafic des agents IA a progressé de 41,5 % au troisième trimestre 2026. Si la collecte de contenus reste dominante, les agents capables de naviguer sur les sites commencent aussi à accéder aux formulaires, aux comptes et aux parcours d’achat.

Près de 25 milliards de requêtes générées par des agents IA ont été enregistrées sur le réseau de DataDome au troisième trimestre 2026, soit une hausse de 41,5 % par rapport au trimestre précédent. Ce volume représente près de la moitié des quelque 55 milliards de requêtes observées depuis le début de l’année.

Ces chiffres témoignent d’une évolution : aux robots chargés de collecter des contenus s’ajoutent des agents capables de naviguer et d’interagir avec les sites pour le compte des utilisateurs.

Meta représente encore la moitié du trafic

Avec 12,4 milliards de requêtes, Meta concentre 49,7 % du trafic d’agents IA observé au troisième trimestre, principalement à travers ses robots Meta-ExternalAgent et Meta-WebIndexer. Les autres acteurs progressent toutefois plus vite : leur trafic cumulé augmente de 47 % sur le trimestre, contre 36,5 % pour Meta.

Anthropic se distingue avec ClaudeBot, dont le volume de requêtes bondit de 159 %, à 2,3 milliards. Il dépasse ainsi GPTBot, le robot d’OpenAI, dont l’activité recule de 12 %.

Derrière ces volumes, les fonctions des robots se précisent. OpenAI, Anthropic et Amazon distinguent désormais trois usages : collecter des contenus pour entraîner leurs modèles, indexer le Web pour leurs services de recherche et consulter une page en temps réel pour répondre à un utilisateur. Pour les éditeurs, cette séparation permet de définir des règles d’accès différentes, par exemple en refusant la collecte destinée à l’entraînement tout en autorisant l’indexation.

Les agents capables de naviguer montent en puissance

Le trafic des navigateurs agentiques reste modeste face aux milliards de requêtes des robots de collecte, mais sa progression est rapide. Dans le périmètre présenté par DataDome, il passe de 12,5 millions à 58,2 millions de requêtes en septembre, soit une multiplication par 4,7. ChatGPT Cloud Browser en représente 27,4 millions, tandis que l’extension de Claude atteint 10,5 millions.

Le trimestre est aussi marqué par l’arrivée de Meta Muse, un agent personnel qui utilise un navigateur dans une machine virtuelle hébergée dans le cloud. DataDome lui attribue 29,1 millions de requêtes en douze jours de disponibilité complète.

Son fonctionnement illustre une particularité de ces nouveaux usages : un agent utilisé par un particulier ne se connecte pas nécessairement depuis l’appareil de celui-ci. Dans le cas de Muse, 99,3 % des requêtes proviennent d’infrastructures cloud ou de réseaux de diffusion de contenus, principalement Cloudflare et Fastly. Seules 0,6 % passent par des fournisseurs d’accès grand public.

Des visites qui atteignent les parcours d’achat

L’évolution la plus notable concerne les pages consultées. Sur l’échantillon de trafic Muse étudié par DataDome, 8,9 % des requêtes ciblent des fonctions considérées comme sensibles : formulaires, connexion, création de compte, paiement ou ajout au panier.

Les formulaires concentrent 81 % de ce trafic sensible. DataDome observe également des requêtes vers les interfaces de connexion et les étapes transactionnelles.

Ces accès ne prouvent pas que des comptes ont été créés ou que des achats ont été finalisés. Ils montrent toutefois que les agents atteignent des zones où l’utilisateur peut agir, au-delà de la consultation de contenus. Selon l’étude, Muse intervient encore principalement sans être connecté à un compte.

Les sites doivent adapter leurs règles d’accès

Pour les éditeurs et les e-commerçants, l’enjeu consiste désormais à distinguer les fonctions de ces agents. Autoriser un robot à indexer un article ne soulève pas les mêmes questions que lui permettre d’envoyer un formulaire ou d’accéder à un parcours de paiement.

DataDome recommande donc de définir des règles selon les usages, puis de renforcer la protection des points d’action sensibles. L’entreprise préconise aussi d’analyser les comportements et les séquences de navigation, plutôt que de s’appuyer uniquement sur l’adresse IP ou l’identifiant déclaré par le navigateur.

Avec la multiplication des agents hébergés dans le cloud, l’origine technique d’une requête renseigne de moins en moins sur son objectif. Pour les sites, la question est de désormais de savoir ce que l’agent vient faire en plus d’identifier celui qui l’envoie.

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