8 septembre 2026

Temps de lecture : 2 min

Le changement de méthode de comptage des vues sur YouTube à un impact financier direct sur les marques

Depuis le 24 août, le nouveau mode de comptage des vues sur YouTube gonfle mécaniquement les audiences affichées et peut renchérir fortement le coût réel des campagnes créateurs pour les marques.

Crédits : Kelly Sikkema

Depuis le 24 août, YouTube comptabilise une vue dès la première image lue, y compris en autoplay dans les flux, et non plus seulement lorsque le spectateur choisit de continuer à regarder au-delà d’une trentaine de secondes. Cette ancienne définition subsiste sous l’appellation « vue engagée », mais elle n’est désormais visible que dans YouTube Studio, réservée au créateur et à certains partenaires autorisés.
 
La plateforme Agentio, spécialisée dans l’achat des contenus créateurs, a analysé un large échantillon de 75 000 vidéos pour comparer les deux façons de compter les vues sur YouTube. L’échantillon totalise 549 millions de vues publiques contre 330 millions de vues engagées. Le taux d’engagement global s’établit ainsi à 60 %, soit environ 1,67 vue publique pour une vue engagée.
 
L’étude localise l’origine de l’écart : les vues déclenchées depuis les flux et recommandations automatiques (page d’accueil, lecture suivante, contenus suggérés) représentent 38 % des vues publiques totales mais seulement 20 % d’entre elles deviennent des vues engagées, ce qui explique 77 % de l’écart global. À l’inverse, les vidéos regardées après un clic direct sur la page de visionnage conservent un taux d’engagement de 85 %. L’écart varie aussi selon la taille des chaînes et les catégories. Plus une chaîne est grosse, plus son taux d’engagement est élevé : 67 % pour les gros créateurs, contre 57 % pour les moyens et 54 % pour les petits, ces derniers étant pourtant souvent privilégiés pour un coût de CPM réduit. Côté contenu, l’éducation affiche le meilleur taux (63 %), devant le divertissement (60 %), tandis que la technologie ferme la marche avec seulement 46 %.
 
La nouvelle méthode de comptage des vues a un impact financier important pour les annonceurs. Agentio illustre le mécanisme de surcoût par un exemple concret : une intégration facturée à 30 dollars le CPM sur la base d’un million de vues publiques attendues (30 000 dollars au total) ne correspond en réalité qu’à 600 000 vues engagées, portant le coût réel à 50 dollars par mille vues engagées, soit 67 % de plus que le tarif négocié.
 
Agentio estime donc que pour les marques, l’enjeu est désormais de systématiquement demander si un chiffre cité correspond aux vues publiques ou aux vues engagées, et de recalibrer toute comparaison avant/après le 24 août. Pour les créateurs, leurs revenus resteraient inchangés puisque calculés sur les vues engagées, mais leur nombre de vues affiché publiquement va mécaniquement augmenter, sans changement réel de l’audience ou de son comportement.

Lire l’analyse complète d’Agentio
 

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