30 juin 2026
Temps de lecture : 2 min
Aujourd’hui, les annonceurs attendent de leurs agences une capacité à gérer des campagnes multiformats et multicanaux depuis des plateformes unifiées. Mais cette convergence technologique entraîne inévitablement une complexité de gestion, car il faut parvenir à réconcilier des mesures et des technologies très variées. Face à cette complexité, les clients réclament paradoxalement l’inverse : la simplicité. Ils souhaitent une lecture claire de leurs indicateurs de performance, des paramétrages de campagnes rapides et une transparence totale sur leurs investissements.
Comme le résume clairement Lucie Dodin (E-Novate):
« La volonté des annonceurs est de décloisonner les canaux pour orchestrer des campagnes à 360 degrés. Bien que cela engendre une complexité de gestion inédite en coulisses, cela crée paradoxalement, du côté client, un besoin vital de rationalisation et de simplicité au quotidien. »
Toutefois, elle met en garde : ce besoin constant de vitesse et de simplification peut parfois se faire au détriment de l’expertise s’il n’est pas bien encadré.
Pendant un temps, l’industrie a cru au mythe selon lequel les grands annonceurs finiraient par internaliser totalement l’achat média en gérant eux-mêmes les DSP. En réalité, le besoin d’accompagnement n’a jamais faibli face à l’évolution des technologies.
Pour répondre à cette demande, E-Novate a d’ailleurs fait le choix de racheter et de développer son propre DSP il y a cinq ans, afin d’accélérer son offre produit et de sortir de son expertise historique, qui était uniquement mobile. Le rôle de l’agence s’est alors transformé. L’enjeu n’est plus seulement technique, il est avant tout humain :
« Notre objectif principal avec la technologie est d’automatiser les tâches chronophages qui n’ont pas de valeur ajoutée. Cela nous permet de libérer un temps précieux pour nos équipes, afin qu’elles puissent se concentrer pleinement sur l’accompagnement stratégique de nos clients et le déploiement technique personnalisé. », a illustré Lucie Dodin.
L’intégration de l’intelligence artificielle, et notamment de l’IA agentique, suscite de nombreux fantasmes sur le marché du trading média, comme l’idée d’une machine capable d’acheter l’espace publicitaire de façon totalement autonome. Lucie Dodin reconnaît que l’IA est une avancée exceptionnelle pour gagner du temps sur l’opérationnel et servir d’outil d’aide à la décision. Néanmoins, déléguer entièrement l’achat à l’IA comporte de grands risques :
« L’intelligence artificielle est un formidable atout pour la prise de décision. En revanche, la laisser opérer de manière totalement autonome serait une erreur. Nous risquerions de recréer les fameuses « boîtes noires » que nous avons longuement combattues : des systèmes opaques qui se contentent de livrer des résultats bruts, tout en lissant nos recommandations et en détruisant notre valeur ajoutée. », estime-t-elle.
L’avenir du trading média ne réside donc pas dans une maîtrise purement technique de la machine, mais dans le talent et la méthode utilisés pour la manipuler. Les traders médias de demain devront davantage se positionner sur une dimension de conseil et de créativité stratégique.
La représentante d’E-Novate rappelle que la clé du succès pour l’avenir du trading média sera de trouver le « juste équilibre » : tirer le meilleur parti des nouvelles technologies tout en préservant la dimension humaine, véritable moteur de ce secteur.
L’intervention en intégralité :
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