10 juin 2026

Temps de lecture : 1 min

57% du trafic Internet est désormais généré par des bots

Avec 57,4 % du trafic mondial désormais généré par des bots, le Web a officiellement basculé dans une ère où les machines surpassent l'activité humaine.

C’est un cap historique qui vient d’être franchi sur le Web : les humains sont officiellement devenus une minorité sur Internet. Selon de récentes données dévoilées par Cloudflare, l’une des principales entreprises d’infrastructure et de sécurité du Web, la part du trafic Internet généré par des bots a surpassé celle des humains. Sur une période de sept jours, les machines ont représenté environ 57,4 % du trafic global, contre seulement 42,5 % pour les utilisateurs humains.

Pour Matthew Prince, le CEO de Cloudflare, ce basculement s’est produit beaucoup plus tôt que prévu. Il s’attendait à ce que les bots prennent le dessus fin 2027, mais la croissance fulgurante du trafic lié aux agents d’intelligence artificielle a considérablement accéléré le calendrier.

Pourquoi une telle explosion des bots ?

Cette explosion est due principalement au comportement boulimique des intelligences artificielles. Les bots, qu’il s’agisse de robots d’indexation classiques ou de nouveaux agents d’IA, parcourent le Web pour scrapper des données afin d’entraîner leurs modèles ou d’agir au nom d’utilisateurs humains. Contrairement à un humain qui charge une page, lit un article ou regarde une vidéo, le bot se contente d’aspirer le contenu et passe instantanément à la page suivante, ce qui génère un volume de requêtes et de chargements de pages sans commune mesure.

À titre d’anecdote géographique, certaines régions concentrent massivement ce trafic, comme l’île de Gibraltar où les bots représentent 92,1 % de l’activité en ligne, suivie par Singapour (76,3 %), selon les données Cloudflare.

Vers une slopification d’Internet ?

Avec 57 % de trafic automatisé, le risque est celui d’une slopification d’Internet : un cercle vicieux où les IA génèrent du contenu poubelle, qui est ensuite lui-même aspiré par d’autres bots d’IA pour s’entraîner. Les plateformes comme Meta, YouTube ou TikTok tentent bien de riposter en imposant des étiquettes ou des filigranes invisibles sur les contenus générés par IA, mais la détection reste imparfaite face à la masse. Une réalité qui nous pousse à redéfinir la place de l’humain dans cet écosystème désormais dominé par les algorithmes.

A lire également :

Allez plus loin avec Minted

LES NEWSLETTERS MINTED

LES FUTURE OF

LES ÉMISSIONS