15 mars 2026
Temps de lecture : 6 min
Les plateformes de streaming Netflix, Disney, Amazon ou Youtube grignotent de l’usage sur la télévision linéaire dans le monde.
C’est ce que montrait le rapport 2025 « Global Ad Trends: The changing shape of TV » du WARC.

Une tendance confirmée par l’étude de Glance (Médiamétrie) d’octobre 2025, selon laquelle le streaming représentait 47 % de la durée de consommation vidéo, contre 40 % en agrégeant câble (22 %) et networks (18 %) – ABC, CBS, NBC, etc.
Ce, même si le rapport montrait que la télévision reste un média puissant qui touche plus de 90% de la population en Europe, grâce au direct et aux émissions de divertissement. Le direct concentre à lui seul près de 90% du temps passé devant la télévision. Les émissions comme « Danse avec les stars », ou « The mask singer » figurent parmi les programmes les plus regardés dans plusieurs pays.
Mais pour lutter contre une concurrence de plus en plus forte du streaming vidéo, les chaînes de tv ou sociétés de production se concentrent, pour créer une offre de contenus plus attractive et augmenter leur couverture.
👉 Ne manquez pas notre événement « Future of TV Ads » le 25 mars 2026 : Plateformes, Chaînes, Adtechs : Qui va gagner la bataille de l’audience et de la monétisation ?
La fusion entre Skydance Media et Paramount Global a été finalisée en 2025 pour 8,4 milliards de dollars. Le nouveau groupe ambitionne de créer une plateforme unique Paramount+, Pluto TV et BET+ d’ici mi-2026, avec un objectif de 30 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2026.
L’opération repositionne Paramount comme un concurrent sérieux face à Netflix et Disney, avec un portefeuille regroupant CBS, MTV, Nickelodeon, Showtime, et désormais les capacités de production tech d’Elektor de Skydance.
C’est la fusion la plus retentissante de l’histoire du divertissement. Après une bataille pour le rachat du studio américain initiée en décembre 2025, Netflix a jeté l’éponge. Le géant du streaming laisse le champ libre à Paramount-Skydance dans la course au rachat de WBD.
Paramount a proposé de reprendre l’empire Warner pour plus de 110 milliards de dollars (93 milliards €), relevant son offre de 30 dollars à 31 dollars l’action.
👉 Pour aller plus loin : Pourquoi Netflix a sciemment laissé Warner Bros. Discovery aux mains de Paramount

La stratégie consiste à atteindre une taille critique qui permette de rivaliser avec les plateformes globales pour les budgets publicitaires et le financement des contenus.
C’est le grand choc industriel français de l’automne 2025. Le groupe Canal+ annonce une prise de participation de 34 % du capital d’UGC le 16 octobre 2025, avec option de prise de contrôle majoritaire d’ici 2028.
L’opération est révélatrice d’une logique d’intégration verticale totale : Canal+ est déjà le premier financeur privé du cinéma français, il contrôle StudioCanal (production et distribution), diffuse en pay-TV et vise désormais à s’installer dans l’exploitation des salles (55 cinémas UGC en France).
UGC dispose également d’activités de production et de distribution audiovisuelle. Le tout permet à l’empire Bolloré de verrouiller la chaîne de valeur du septième art, du financement à la salle, en passant par la production, la distribution et la télédiffusion.
Enjeux : En prenant pied dans l’exploitation, Canal+ renforce aussi son poids dans les négociations sur la chronologie des médias, cruciale pour fixer les fenêtres de diffusion entre salles, SVOD et TV. La filière indépendante s’inquiète d’une réduction de la diversité culturelle au profit d’une gestion commerciale des contenus.
En avril 2025, Thomas Rabe, PDG de Bertelsmann (actionnaire de M6 via RTL Group), a déclaré au Financial Times vouloir relancer le projet de fusion entre TF1 et M6, après son abandon en 2022 sous la pression des régulateurs européens. Le contexte a changé : le rapport Draghi sur la compétitivité européenne et la nouvelle commissaire à la Concurrence Teresa Ribera ont ouvert la voie à un assouplissement réglementaire.
Le chiffre d’affaires combiné des deux groupes atteignait 3,7 milliards d’euros en 2024. Rabe a estimé que cette fusion créerait « un vrai champion français de la TV et du streaming, capable de concurrencer les plateformes américaines ».

Le groupe RTL (filiale de Bertelsmann) annonce en juin 2025 le rachat de Sky Deutschland à Comcast pour 150 millions €. L’opération, la plus grande de RTL depuis 2000, permet au groupe d’atteindre 11,5 millions d’abonnés et de devenir le 3e acteur du streaming en Allemagne, derrière Netflix et Amazon.
La famille Berlusconi, via sa holding MediaForEurope (MFE), cumule 75,6 % du capital de l’allemand ProSiebenSat.1 en septembre 2025, après être monté au capital depuis plusieurs années. MFE devient ainsi le plus grand diffuseur gratuit d’Europe, couvrant l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne.
En fin 2025, le groupe Sky (Comcast) a engagé des discussions pour le rachat de la branche audiovisuelle d’ITV pour 1,6 milliard de livres (environ 1,85 milliard $). L’opération permettrait de fusionner la TV payante de Sky avec les chaînes gratuites et le streaming ITVX d’ITV, créant un acteur dominant du paysage britannique.

Banijay poursuit sa stratégie de consolidation et met la main début mars 2026 sur l’un des rares grands studios indépendants qui lui échappaient encore : All3Media.
L’opération crée un nouveau poids lourd mondial de la production audiovisuelle indépendante, structuré autour d’un partenariat stratégique entre Banijay Group (Stéphane Courbit) et le fonds RedBird IMI.
Dans les faits, il ne s’agit pas d’une fusion classique. Les deux groupes rassemblent leurs actifs de production dans une nouvelle entité détenue à parité. Banijay y apporte Banijay Entertainment, tandis qu’All3Media rejoint la structure avec l’ensemble de ses marques et studios. La société combinée est valorisée à plus de 7 Md€.
L’opération passe par la création d’une entité pesant 4,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, détenue à 50-50 par Banijay Group et par le fonds américano-émirati RedBird IMI, propriétaire d’All3Media.
Mais déjà les yeux de Stéphane Courbit se tournent vers sa prochaine cible : les studios du britannique ITV, pour devenir le plus gros producteur audiovisuel indépendant et rivaliser avec les plateformes. Mais la compétition s’annonce rude avec Fremantle, Mediawan ou Warner Bros. Discovery.
En octobre 2025, Channel 4 et UKTV (filiale de BBC Studios) signent un accord de partenariat streaming multi-annuel : le service U de UKTV est désormais intégré dans la plateforme Channel 4, apportant des originaux UKTV et des classiques BBC à partir de janvier 2026. Une mutualisation des catalogues pour renforcer la compétitivité face aux plateformes SVOD.
En juin 2025, TF1 et Netflix ont annoncé un accord mondial de distribution sans précédent : à partir de l’été 2026, tous les abonnés Netflix en France pourront regarder les chaînes TF1 en direct et accéder à 30 000 heures de contenu TF1+ directement depuis l’interface Netflix.
C’est une première absolue dans l’histoire de Netflix, qui n’avait jamais ouvert sa plateforme à un opérateur tiers. L’accord marque un renversement de logique : plutôt que de subir la concurrence de Netflix, TF1 s’en sert comme canal de distribution pour toucher de nouvelles audiences, notamment les jeunes. Netflix, de son côté, se transforme progressivement en agrégateur de contenus.
👉 Pour aller plus loin :

Quelques semaines après l’accord TF1-Netflix, c’est France Télévisions qui a signé un « accord historique de distribution » avec Amazon Prime Video. Depuis le 3 juillet 2025, les abonnés Prime Video en France accèdent aux directs de France 2, France 3, France 4, France 5 et Franceinfo, ainsi qu’à près de 20 000 contenus france.tv, sans surcoût.
Delphine Ernotte-Cunci, PDG de France Télévisions, a qualifié ce partenariat d' »étape historique » pour renforcer la visibilité de l’offre publique face à la concurrence numérique. L’objectif affiché : rajeunir les audiences et contrer la domination américaine sur le marché français de la SVOD. France.tv s’affiche déjà comme la première plateforme de streaming gratuit en France avec 42,9 millions de visiteurs uniques mensuels.
👉 Pour aller plus loin : En s’associant à Amazon, France Télévisions prend le marché de vitesse
Rachats, fusions, prises de participations, collaborations… le secteur audiovisuel et cinéma est en pleine phase de consolidation. Mais selon l’analyste Scott Galloway, mentionné par Christian Riedi dans sa newsletter, le rapport de forces est tellement disproportionné, qu’il est probable jour ou l’autre, ces actifs finissent par être vendus à prix cassé à Amazon, Apple ou Netflix.

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