NFT : comment rester à l'abri des arnaques ?


  • Rug pull, pump and dump... Les NFT charrient leur lot de hype et, avec elle, des arnaques d'un nouveau genre
  • Les conseils de Minted pour éviter de succomber à un plan NFT foireux.

Pour les NFT, comme pour Internet en son temps, c’est toujours la même histoire. Avec la hype viennent les arnaques et leur contingent d’opportunistes prêts à tirer partie de la crédulité des gens. Les NFT ne font évidemment pas exception et derrière le futur Bored Ape que l’on vous vend se cache parfois une coquille vide qui n’a qu’une ambition : vous piquer votre argent. Nos conseils pour rester à l’écart des arnaques. 

Fuyez les stratégies de crypto-influence trop zélées

Le marché de la crypto-influence a grossi en même temps que les NFT sont devenus populaires. Twitter et Instagram sont ainsi devenus des gros leviers d’acquisition pour les fondateurs de nouveaux projets, qui n’hésitent plus à suivre les “crypto lovers” et autres “Web 3 enthusiasts” pour se glisser dans leurs DM et leur vanter les mérites du “prochain Bored Apes”. “Soyez particulièrement vigilant vis à vis de l’hyper communication, surtout si elle est sponsorisée, et qu’elle vous promet monts et merveilles”, prévient le fondateur d’InRift, Florent Sroka.

Les projets les plus légitimes n’ont pas besoin de recourir à ces mécaniques d’acquisition très orientées Web2. Ils se contentent le plus souvent de l’intérêt organique qu’ils suscitent pour grandir et évitent de tomber dans la surenchère. Regardez, dans le détail, les followers d’un compte nouvellement créé, lorsqu'il affiche plusieurs milliers d’abonnés. L’achat de bots, pour gonfler cette statistique, n’a jamais été aussi facile… et payant pour tromper les plus crédules.

Regardez dans Discord ce qui s’y dit 

Allez également voir du côté de la communauté Discord (tout projet NFT qui se respecte en a une), pour vous assurer que cette dernière n’est pas peuplée de bots. “Est-ce que des gens participent aux conversations ? Et si oui, de manière pertinente ? Répondre à ces questions vous évitera de succomber à une arnaque”, conseille Florent Sroka. De la même manière, évitez les projets qui abusent de leur responsabilité de modération. Si des questions légitimes n’obtiennent pas de réponse, voire valent à celui qui les a posées d’être expulsé du groupe, fuyez. Pas de place pour la censure ou le mystère sur le Web 3, les fondateurs d’un projet NFT doivent être prêts à répondre aux interrogations de leur communauté.

L’analyse du Discord vous permettra d’ailleurs d’en savoir plus sur les motivations réelles des porteurs du projet. S’ils discutent des moyens de maintenir des floor prices élevés ou manifestent l’intention de faire du “pump and dump” pour manipuler le cours de leur NFT, fuyez ! De la même manière, évitez les projets trop concentrés. Si une collection de 10 000 NFT est entre les mains d’une centaine de propriétaires, c’est le meilleur moyen, pour ces derniers, de manipuler les cours. N’oubliez pas que le Web3 est l’ère de la décentralisation !

Evitez les designs trop pauvres… ou les mints trop coûteux

Alors oui, il est réducteur de limiter le NFT au Jpeg qui lui est associé. Car comme nous vous l’expliquions dans un précédent article, ce n’est pas tant le Jpeg qui fait la valeur d’un NFT que ce qu’il y a derrière, à savoir ce à quoi il donne accès. Il ne faut pas, pour autant, négliger l’aspect design. Évitez donc de prendre pour argent comptant ce que l’on vous promet.

C’est l’erreur qu’ont fait ces milliers d’utilisateurs qui ont dépensé près de 70 millions de dollars pour acheter des NFT de la collection Pixelmon. Ces utilisateurs s’étaient en effet contentés de quelques visuels teasés par le studio à l’origine du projet, Syber, pour se laisser convaincre. Syber s’est depuis excusé de la pauvreté de ses designs, reconnaissant qu’ils n'étaient pas au niveau attendu et a promis de corriger le tir. Pas une arnaque volontaire mais le mal est fait. Le cours a dégringolé et les early adopters attendent toujours d’en avoir pour leur argent. 

Dans le même registre, restez vigilant quant au coût des gas fees. Si une nouvelle équipe facture bien au-dessus de ce que ses prédécesseurs ou des projets comparables ont pu facturer, le doute est légitime. Cela signifie peut-être qu’elle se préoccupe plus de sécuriser vos ethers qu’autre chose. Regardez les benchmarks du marché.

Vérifiez l’identité des fondateurs

Méfiance si l’équipe à l’origine du projet n’est pas mentionnée ou que son identité est masquée par des avatars et des pseudos. Les esprits chagrins nous répondront que c’était le cas de l’équipe derrière Bored Apes. Il n’empêche. La valeur d’un NFT, c’est d’abord celle de la communauté associée aux porteurs du projet. “Il faut donc se renseigner, dans la mesure du possible, sur le parcours des fondateurs : d’où ils viennent, ce qu’ils ont fait, qu’ils aient un track record ou pas”, recommande Florent Sroka.

Cela vous évitera peut-être d’être la victime d’un “rug pull”, pratique qui voit les fondateurs d’un projet NFT disparaître des radars, une fois leur collection vendue contre une coquette somme d’argent, sans qu’ils respectent les contreparties sur lesquelles ils s’étaient engagés. C’est ce qui s’est passé avec le projet NFT Evolved Apes. Le créateur anonyme du projet, connu uniquement par le pseudo d’'Evil Ape, a disparu après avoir encaissé la bagatelle de 798 éthers (2,7 millions de dollars). Le jeu de combat NFT promis ne s'est jamais concrétisé et les prix ont chuté.

Prémunissez-vous également contre les risques d’usurpation d’identité. Les marketplaces ne sont pas encore toutes au point en matière de sécurité. C’est ainsi que l’artiste Derek Laufman a vu son identité usurpée au sein de la marketplace Rarible, avec une collection lancée à son nom.. et à son insu. L’artiste a été alerté sur ses comptes sociaux par des internautes étonnés. Vérifiez toujours que les comptes officiels d’un artiste se font le relai de la collection de NFT qui lui est associée. 

Plongez-vous dans le smart contract

Comme pour toute transaction, il est important de regarder (en détail) les termes du contrat. Dans le cas des NFT, c’est du côté des smart contracts que cela se passe. Attention aux clauses abusives. Florent Sroka donne l’exemple de l’existence de paramètres qui permettent au propriétaire du smart contract de prendre des décisions contraires à vos intérêts. “C’est, par exemple, la possibilité de créer une nouvelle collection de NFT alors que l’on vous a vendu une série limitée de X milliers d’exemplaires.” Décision qui diluera la valeur de votre NFT. Ca peut même être pire, lorsque les fondateurs ont la possibilité de “rappeler” votre NFT si vous prenez une décision qu’ils jugent contraires à leur intérêt. C’est ce qu’ont fait les émetteurs de la collection “Rich Bull”, un temps vendu comme le prochain Bored Apes. En réalité une coquille vide. Non contents de voir la valeur de leur NFT dégringoler, ceux qui se sont résolus à vendre à perte ont eu la mauvaise surprise  de voir leur NFT supprimer. 

 “Si l’actif est hébergé sur les serveurs de l’équipe à l’origine de l’émission des NFT, vous n’en serez jamais vraiment le propriétaire”, prévient Franck Dupont, l’un des cofondateurs d’Open Gem. Cette société s’est spécialisée dans l’audit des infrastructures et smart contracts liés à un projet NFT. “On audite les projets qui nous le demandent et on leur assigne un score de confiance sur 100, un peu comme le fait Yuka pour les aliments”, explique Franck Dupont.

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