23 avril 2026
Temps de lecture : 3 min
L’industrie des médias traverse une période de fortes turbulences économiques, marquée par une baisse des audiences, la pression des plateformes et des vagues de licenciements.
Pour sécuriser et optimiser leurs revenus, certains éditeurs, à l’instar de Reworld Media, ont fait le choix d’externaliser totalement leur monétisation numérique auprès de Sparteo. Pour aller un cran plus loin, l’entreprise technologique lance Fred, un agent IA conçu pour repenser la gestion des données et des campagnes publicitaires au sein des rédactions.
Selon Benjamin Tolman, co-fondateur de Sparteo, Fred n’est pas une simple surcouche d’IA générative, mais une bascule vers l’IA agentique. Dans un premier temps, cette solution agit comme un analyste de données accessible en langage naturel. Face à la complexité des plateformes d’analyse actuelles, l’agent simplifie l’accès à l’information.
Antoine Aillard, VP Product chez Sparteo, explique la philosophie du produit : « Nos clients sont souvent perdus face aux outils d’analytiques. Avec Fred, il leur suffit de poser une question simple en langage naturel pour que l’IA génère des graphiques, analyse les évolutions d’audience sur les 30 derniers jours et mette en évidence des recommandations, leur épargnant ainsi d’innombrables clics et exports de données ».
L’enjeu majeur de Fred se situe dans son évolution très prochaine. D’ici la fin de l’année, l’agent ne se contentera plus de répondre à des questions, il sera capable d’agir de manière autonome sur les plateformes.
Benjamin Tolman illustre cette nouvelle étape par un cas d’usage concret : « Demain, un éditeur pourra demander à Fred de lancer un test A/B sur la couleur du bouton d’acceptation des cookies pour en évaluer l’impact sur les revenus. L’agent va créer les variantes, mesurer les performances et proposer de déployer la meilleure option ». Ce processus, qui nécessitait autrefois près d’un mois de travail et l’implication de plusieurs équipes, se fera désormais en seulement trois requêtes. L’utilisateur passe ainsi d’un rôle d’exécutant à celui d’orchestrateur.
Cette automatisation des tâches techniques soulève un enjeu organisationnel. Selon le co-fondateur de Sparteo, une IA comme Fred a la capacité d’effectuer le travail de 30 personnes (développeurs, AdOps, chefs de projet) dans un groupe média. Toutefois, Benjamin Tolman est formel : il n’y a aucun sujet de licenciements derrière cette évolution.
Loin d’y voir une simple réduction d’effectifs, il décrit une mutation indispensable du travail : l’objectif est de transformer les responsables digitaux, qui étaient jusqu’ici des chefs d’orchestre, en « DJ » qui composent seuls leur stratégie avec des outils intelligents. Les employés, eux, libérés de ces tâches de configuration manuelle à faible valeur ajoutée vont pouvoir être réaffectés sur d’autres leviers stratégiques et créateurs de revenus, tels que le GEO, la télévision connectée (CTV) ou encore les plateformes sociales. Cette transition positive et créatrice de valeur est d’ailleurs déjà une réalité observable chez les éditeurs ayant fait le choix d’externaliser leur programmatique auprès de Sparteo, à l’instar de Reworld Media.
Si Sparteo parvient à créer cet agent là où d’autres échouent, c’est grâce à deux décisions stratégiques majeures selon le co-fondateur. Premièrement, l’entreprise a totalement recréé sa chaîne technologique de monétisation pour uniformiser toutes les données de A à Z. Contrairement aux éditeurs qui empilent des solutions disparates aux règles de calcul incompatibles, Sparteo centralise tout pour que l’IA ne compare pas « des choux et des carottes ».
Deuxièmement, Sparteo a fait le choix de l’indépendance totale en devenant sa propre société de cloud. « Contrairement à nos concurrents, nous possédons nos propres serveurs et nos propres cartes graphiques Nvidia. Ce choix nous évite de subir l’explosion des coûts liés à Amazon ou Google Cloud, ce qui nous permet de proposer cette intelligence artificielle gratuitement à nos clients et de leur reverser plus d’argent », souligne Benjamin Tolman.
Le modèle économique de Sparteo repose ainsi sur le partage de la valeur : l’entreprise se rémunère en prélevant 30 % de la croissance générée par sa technologie. Les éditeurs ne perdent jamais d’argent, puisque l’entreprise revendique une augmentation d’au moins 30 % des revenus publicitaires chez les clients lui ayant confié leur monétisation.
Déjà capable de parler toutes les langues, Fred s’apprête désormais à accompagner l’expansion internationale de Sparteo, qui ouvre ce mois-ci sa première filiale aux États-Unis.
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