27 mars 2026
Temps de lecture : 2 min
Le web fait face à une nouvelle menace grandissante, considérée comme le petit frère du spam : le « slop ». Ce terme désigne des contenus de basse qualité entièrement générés par l’intelligence artificielle, créés dans le but d’attirer du trafic, de tromper les internautes ou de capter des budgets publicitaires sur des sites dits « Made for Advertising » (MFA).
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Récemment, le DV Fraud Lab a mis en lumière l’ampleur de ce phénomène en révélant l’existence d’« AutoBait », un réseau coordonné de plus de 200 domaines frauduleux ayant généré des dizaines de millions d’impressions publicitaires facturées à l’insu des annonceurs.
En apparence, les sites du réseau AutoBait se présentent comme des blogs lifestyle indépendants. Pourtant, ils diffusent tous les mêmes articles et images, générés à la chaîne sans la moindre intervention humaine. La découverte de cette usine à clics a été rendue possible par une erreur monumentale de ses opérateurs : ils ont laissé leur système de génération de contenu, incluant le code source et les prompts, exposé en clair dans le JavaScript de leurs pages. Cette faille a offert une vue inédite sur les mécanismes de la fraude publicitaire industrialisée.
L’analyse des prompts révèle une stratégie d’exploitation psychologique. Le système donne l’ordre aux modèles de langage de rédiger des titres à fort impact émotionnel et d’injecter de la peur, de la colère, du choc ou du soulagement dans chaque paragraphe, tout en créant un sentiment d’urgence artificiel pour retenir l’attention de l’internaute.
La tromperie s’étend également aux visuels puisque le réseau a fait en sorte de générer des images « ultra-réalistes », comme si elles avaient été prises spontanément avec un smartphone. Le code stipule que les images ne doivent surtout pas sembler avoir été créées par une IA.
Les sites d’AutoBait utilisent des articles construits sous forme de diaporamas pouvant aller jusqu’à 56 diapositives. Chaque clic de l’utilisateur pour passer à la page suivante déclenche le rechargement de bannières publicitaires.
Forcément, l’opération est rentable. Selon DoubleVerify, la production d’une diapositive coûte environ 4 centimes, ramenant le coût total d’une page complète à moins de 2,25 dollars. Ce très faible investissement génère en retour des centaines d’opportunités publicitaires monétisables. En l’espace d’un mois, ce type de réseau peut produire des millions d’impressions. Autant d’impressions qui ne vont pas dans les caisses de véritables éditeurs qui, eux, investissent dans un journalisme de qualité.
Le code source d’AutoBait est disponible ici
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