17 avril 2026

Temps de lecture : 3 min

Agentic Search : comment iProspect et Smalk AI poussent les IA à « mentionner » les marques

Face à l'évolution des moteurs d’IA, l'agence iProspect et la start-up Smalk AI s'allient pour déployer une solution publicitaire automatisée capable d'influencer les algorithmes et de pousser la mention directe des marques au sein des réponses générées. Explications.

Avec l’avènement des moteurs d’IA, le contenu du site officiel d’une marque ne suffit plus. Comme l’explique Pierre Krstulović, Directeur des opérations OneSearch chez iProspect (groupe Dentsu): « Il y a un paradigme qui change de manière assez forte : l’IA va vous juger non pas seulement sur votre site à vous, mais sur tout ce qui se dit sur vous » sur l’ensemble du web.

L’enjeu pour un annonceur n’est pas seulement d’apparaître dans les « sources » (les petits liens cliquables en bas de la réponse dans les moteurs d’IA), que très peu d’utilisateurs ouvrent réellement, mais d’obtenir une « mention » directe. Être mentionné signifie que le nom de la marque est intégré naturellement dans le corps du texte généré par l’IA. Pour cela, il faut que l’algorithme détecte des signaux positifs sur la marque en parcourant diverses plateformes (sites, blogs, vidéos, comparateurs).

Pour répondre à ce défi, l’agence média iProspect et la start-up Smalk AI ont structuré une offre associant l’audit de visibilité (GEO) à l’activation publicitaire (GEA) dans les moteurs génératifs.

Une boucle automatisée en trois étapes

Pour influencer positivement les IA, le duo a mis au point une mécanique très précise :

L’audit technologique : L’outil propriétaire LLM Insight d’iProspect identifie les pages web qui influencent le plus l’algorithme. Pierre Krstulović résume la méthode : « On collecte des réponses et les sources utilisées par ces IA. Et après on trie pour voir quelles sont les sources qui reviennent le plus souvent, donc celles qui ont le plus de poids dans les réponses pour créer une vraie stratégie de contenu on et off site ».

L’injection publicitaire (GEA) : Une fois le plan média établi sur ces URL stratégiques, Smalk AI, opérant comme un SSP, déploie des encarts sous forme de paragraphes de texte natifs. Kristofer Moisan, cofondateur de Smalk AI, précise la démarche : « C’est comme du AdSense dans un article, les publicités natives viennent s’insérer naturellement dans le contenu éditorial, que ce soit en haut ou au milieu de la page ».

Exemple d’encart réalisé pour Midas

Ces publicités contextuelles peuvent être rédigées par des IA (Claude, Gemini ou OpenAI) pour s’adapter à la sémantique exigée par le moteur ciblé (un texte généré par Claude si la marque souhaite être visible sur Claude, etc.).

Grâce à l’interfaçage des deux entreprises (l’offre GEA de Smalk AI est disponible via LLM Insight), la campagne bénéficie d’une mesure et d’une automatisation en temps réel : « Si on voit qu’une publicité sous-performe, on vient la régénérer automatiquement à J+1 ou J+2 pour maximiser l’impact », indique Kristofer Moisan.  

Monétiser la presse et fuir les fausses promesses du marché

Ce modèle se veut également une solution pour la presse face au pillage de ses contenus par les IA et à la baisse des revenus publicitaires qui en découlerait. Les agents IA représentent aujourd’hui 15 à 25 % du trafic des éditeurs. Selon Kristofer Moisan, l’intégration des publicités contextuelles permet aux éditeurs de générer « un revenu qui est 100 % incrémental » pour monétiser ce trafic agentique. Une fois que le média a réussi à faire remonter son autorité de manière organique sur des thématiques prisées par les IA, la conséquence est directe : « Les annonceurs le remarquent et veulent investir sur ce média », poursuit-il.

Néanmoins, le cofondateur de Smalk AI alerte sur les dérives du jeune marché de l’optimisation IA (GEO). Ils pointent du doigt certains acteurs qui se transforment en spécialistes du jour au lendemain pour vendre des articles sponsorisés facturés « entre 20 000 et 60 000 euros sans mesure ni garantie de résultats ». Dans 6 à 8 mois cela pourra se retourner contre eux, comme c’est le cas actuellement aux Etats-Unis.

Pour survivre et capter durablement ces nouveaux budgets publicitaires, la véritable stratégie pour les éditeurs sera de dépasser la simple vente d’espaces pour devenir de véritables médias « AI First », pensés organiquement pour ces nouveaux visiteurs virtuels.

Allez plus loin avec Minted

LES NEWSLETTERS MINTED

LES FUTURE OF

LES ÉMISSIONS