28 août 2025

Temps de lecture : 2 min

« Le format publicitaire conversationnel doit devenir un standard »

Collective Audience, anciennement BeOp, entend imposer les formats conversationnels comme un nouveau standard de la publicité digitale. Après avoir ouvert un bureau aux Etats-Unis, l’entreprise française souhaite s’étendre en Europe et « réenchanter l’open-web ». Romain Cauchois, Managing Director Europe de Collective Audience, détaille sa vision et l’ambition de l’entreprise.

Pouvez-vous nous rappeler l’histoire et la mission de Collective Audience ?

Romain Cauchois, Managing Director Europe de Collective Audience

Collective Audience est née de la fusion en 2024 entre BeOp et Collective Audience. Mais l’aventure a commencé bien avant : nous étions connus en France sous les noms BeOp et BeOpinion, fondés en 2017 par d’anciens de TEADS. L’objectif initial était déjà d’innover dans les médias avec des formats conversationnels pour améliorer l’interaction. Nous avons démarré avec une présence française, à Paris et Montpellier, avant de nous ouvrir au marché nord-américain. La fusion nous a permis de garder notre leadership technologique tout en accélérant notre expansion internationale.

Quel est votre modèle économique ?

Nous en avons deux. D’abord un modèle SaaS, qui permet aux éditeurs et agences d’utiliser directement notre plateforme pour leurs usages éditoriaux et créatifs. Ensuite, une activité de régie, où nous commercialisons un réseau d’éditeurs premium auprès des agences et annonceurs. Dans les deux cas, le cœur reste nos formats conversationnels, qui se distinguent par un engagement mesuré sur six KPI (impression, taux de clic et de complexion, clic d’engagement, temps passé et l’attention), contre trois seulement dans les formats classiques.

Qu’est-ce qui rend ces formats conversationnels si performants ?

Leur capacité à capter l’attention. Une étude interne montre que l’attention peut augmenter de plus de 240 % après seulement 5 secondes et jusqu’à 700 % sur desktop, comparé aux formats standards. Nos formats multiplient par trois l’attention et génèrent des taux d’engagement de 0,5 à 1 %. Le secret, c’est la nature même du format : poser une question active le cerveau droit et incite à répondre.

Cela implique aussi une dimension de collecte de données ?

Exactement. Chaque interaction enrichit les bases de données des marques. Nous ne stockons rien, mais renvoyons les informations via nos connecteurs natifs avec les CRM et DMP du marché.

L’intelligence artificielle change-t-elle la manière de concevoir ces formats interactifs ?

Nous voyons l’IA comme un « compagnon créatif ». Elle peut générer automatiquement des quiz à partir d’articles et proposer des pistes pour enrichir la création, mais la finesse des interactions et des animations reste humaine. Nous avons instauré un double contrôle des contenus produits par l’IA et nous signalons systématiquement leur usage. Nous adoptions l’IA, mais toujours de manière accompagnée et encadrée.

Avez-vous testé d’autres formats interactifs ?

Nous avons testé le vocal et des formats sur la CTV, mais les résultats sont mitigés. En France, les interactions vocales ne séduisent pas encore le public. Sur la CTV, la contrainte du temps, 30 secondes maximum, et l’usage de la télécommande ou d’un QR code, compliquent l’engagement. Nous continuons à expérimenter, mais ce ne sont pas nos terrains les plus prometteurs aujourd’hui.
Nous explorons également des formats de jeux, inspirés du jeu vidéo. La limite est surtout énergétique, car un navigateur consomme vite. Mais les marques sont très intéressées. Notre studio créatif peut produire un format en seulement 24 heures, ce qui simplifie les campagnes.

Quelles sont vos ambitions pour les prochaines années ?

Réenchanter l’open-web et nous concentrer sur le conversationnel, afin qu’il devienne un standard de l’écosystème. Cela passe par une ouverture aux agences et annonceurs, par la reconstruction de nos équipes commerciales en France et aux États-Unis, et par des partenariats plus larges.Nous voulons consolidernotre présence en France, renforcer nos équipes commerciales et ouvrir des bureaux en Europe d’ici 2026. Sur le plan produit, nous allons enrichir nos fonctionnalités d’IA et développer des Brand Lift Studies (BLS), déjà adoptées par plusieurs partenaires.

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