2 mars 2026
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The Trade Desk vient de publier ses résultats pour le quatrième trimestre et l’année 2025. Si les chiffres témoignent d’une incontestable solidité et d’une année record en termes de revenus globaux, les prévisions de l’entreprise ont provoqué une chute de plus de 15 % de son action en bourse après la clôture. Ce bilan très contrasté offre de précieux enseignements sur les dynamiques actuelles du marché.
Sur le papier, la fin d’année a été un succès : pour la période close le 31 décembre, The Trade Desk a généré 846,8 millions de dollars de revenus (dépassant les attentes fixées à 840,2 millions) et un bénéfice ajusté de 59 cents par action. Cependant, les investisseurs se focalisent désormais sur la trajectoire future et sur une décélération continue de la croissance. Alors que la croissance atteignait 25,4 % au premier trimestre 2025, elle a progressivement chuté, passant à 18,7 % au T2, 17,7 % au T3, puis 14,3 % au T4.
Plus inquiétant encore, elle devrait tomber à environ 10 % pour le premier trimestre 2026. L’entreprise anticipe des revenus d’au moins 678 millions de dollars pour ce trimestre, n’atteignant pas la moyenne des estimations des analystes (689 millions).
La position historique de The Trade Desk en faveur d’un internet ouvert fait face à la pression grandissante des walled gardens. Des géants comme Meta et Google, mais aussi Amazon qui est devenu un rival redoutable, combinent contenu, commerce et données utilisateurs au sein d’une même plateforme. Ces environnements fermés incitent les acheteurs d’annonces à y concentrer une grande partie de leurs budgets.
Alors que The Trade Desk ralentit, Meta a affiché une croissance impressionnante de 24 % au quatrième trimestre. Le PDG de The Trade Desk, Jeff Green, défend toutefois son modèle indépendant, soulignant que contrairement à Amazon, sa plateforme ne concurrence pas ses propres clients et évite ainsi les conflits d’intérêts.
L’incertitude économique frappe durement les budgets publicitaires de certains grands annonceurs. Jeff Green a souligné une faiblesse persistante dans les secteurs de l’automobile et des biens de consommation emballés, qui représentent ensemble plus de 25 % de l’activité de l’entreprise. Des niveaux d’incertitude inédits depuis 15 ans, liés aux tarifs douaniers et à la pression sur le budget des ménages, forcent ces entreprises à faire des arbitrages et des choix de dépenses difficiles pour les mois à venir.
Pour maintenir son attractivité et compenser ce ralentissement, The Trade Desk continue d’investir dans des initiatives comme OpenPath, qui permet l’achat direct d’inventaires auprès des éditeurs. L’entreprise compte sur ces efforts pour renforcer sa position sur l’open web et la Télévision Connectée (CTV), afin d’offrir plus de flexibilité aux annonceurs dans un marché fragmenté. Néanmoins, l’entreprise doit piloter cette transition avec une direction financière remaniée : Tahnil Davis a été nommée directrice financière par intérim en janvier, suite au départ surprise d’Alex Kayyal qui n’était en poste que depuis août 2025.
En 2026, l’innovation technologique et la transparence resteront essentielles, mais The Trade Desk devra redoubler d’efforts pour justifier de sa valeur ajoutée face à des annonceurs prudents et des « walled gardens » toujours plus dominants.
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