6 février 2026
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Jusqu’à récemment, Google liait étroitement ses résultats de recherche classiques à ses fonctionnalités IA, notamment les AI Overviews — ces résumés générés automatiquement qui apparaissent en tête des résultats. Concrètement, un média souhaitant empêcher l’utilisation de ses contenus par l’IA devait aussi renoncer à apparaître dans les résultats standards du moteur, au risque de perdre une part majeure de son audience.
Cette situation était dénoncée depuis des mois par les organisations de presse et les acteurs culturels, certains parlant même d’un « chantage ». Les éditeurs reprochent à Google de capter leur contenu pour produire des synthèses qui retiennent l’attention des internautes, réduisant ainsi les clics vers leurs articles et, par ricochet, leurs revenus publicitaires.
Ce changement de ton intervient alors que la Competition and Markets Authority (CMA) britannique mène une consultation sur d’éventuelles obligations imposées à Google. Parmi les pistes envisagées : permettre explicitement aux éditeurs de refuser l’utilisation de leurs contenus pour alimenter les fonctionnalités d’IA, tout en restant présents dans les résultats classiques.
L’autorité estime que ces mesures pourraient renforcer le pouvoir de négociation des médias et soutenir la viabilité économique d’une information fiable en ligne. Parallèlement, la Commission européenne a ouvert en décembre une enquête sur l’usage par Google de contenus en ligne pour ses services d’IA, afin de vérifier le respect des règles de concurrence.
Dans un billet de blog, Ron Eden, responsable produit chez Google, indique que l’entreprise « étudie des mises à jour de ses contrôles » afin de permettre un opt-out spécifique aux fonctionnalités d’IA générative dans la recherche. Il souligne toutefois la complexité du sujet : tout nouveau dispositif devra éviter de fragmenter l’expérience utilisateur ou de compliquer l’accès à l’information.
Google reste discret sur les modalités concrètes : aucune date, aucun périmètre géographique ni détail technique n’ont été communiqués. L’annonce s’inscrit officiellement dans le cadre de la consultation britannique qui doit s’achever fin février.
Malgré ces incertitudes, plusieurs représentants du secteur saluent un premier pas. Pour l’Alliance de la presse d’information générale (Apig), l’évolution envisagée va « dans le bon sens », même si elle devra se traduire concrètement pour rééquilibrer les relations entre plateformes technologiques et producteurs d’information.
Cette possible dissociation de l’opt-out pourrait aussi lever certains freins au déploiement des AI Overviews en France. Les tensions réglementaires et les négociations avec les éditeurs expliquent en partie cette prudence.
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