19 janvier 2026
Temps de lecture : 3 min
C’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour ChatGPT. Après des mois de spéculations, OpenAI vient d’annoncer l’arrivée de la publicité sur son chatbot. Dans un premier temps, une phase de tests va être menée aux Etats-Unis. Mais il ne fait aucun doute que celle-ci sera suivie d’une généralisation à grande échelle.
Le virage publicitaire d’OpenAI n’est pas une surprise. Longtemps opposé à l’ajout d’annonces au sein de ChatGPT, son patron Sam Altman s’était en effet résolu à cette idée qu’il qualifiait de « dérangeante » il y a encore un an et demi. Et pour cause: face à de lourdes pertes, la start-up vedette de l’intelligence artificielle générative doit trouver de nouveaux relais de croissance.
Ces changements concernent les centaines de millions d’utilisateurs gratuits, mais aussi les abonnés de la nouvelle offre à bas prix Go, lancée en Europe en décembre et désormais disponible dans le monde entier. « Beaucoup de personnes veulent utiliser massivement l’intelligence artificielle sans payer », justifie désormais Sam Altman, qui espère « qu’un modèle économique comme celui-ci puisse fonctionner ».
Concrètement, OpenAI va insérer des publicités sous certaines réponses générées par son chatbot. Celles-ci seront affichées de manière séparée et clairement identifiées comme telles. « L’IA va permettre d’offrir de nouvelles expériences, plus utiles et plus pertinentes que n’importe quelle autre forme de publicité », promet la start-up.
Sans entrer dans les détails, elle a dévoilé deux premiers formats publicitaires. Le premier permet à une marque de mettre en avant une sélection de produits, que l’utilisateur peut directement acheter – par exemple les ingrédients nécessaires à une recette de cuisine. Le second permet de lancer une conversation avec un annonceur, comme un hôtel dans la ville sur laquelle l’internaute se renseigne.
Pour séduire les annonceurs, OpenAI mise sur son audience de plus de 800 millions de personnes, qui utilisent de plus en plus le chatbot pour trouver des produits ou pour planifier leurs vacances. Les publicités pourront ainsi s’inscrire dans une intention d’achat, permettant de meilleurs taux de conversion. L’entreprise n’a pas précisé les modalités de commercialisation et de facturation.
Anticipant de probables critiques, OpenAI assure que les annonceurs ne pourront pas « influencer » les réponses de ChatGPT – une attaque directe contre les pratiques de Google. Si les annonces sont adaptées aux requêtes des utilisateurs, les conversations avec le chatbot resteront « à l’abri des annonceurs », poursuit-il. L’entreprise s’engage également à ne « jamais » leur revendre des données.

OpenAI prépare l’arrivée de la publicité depuis plus d’un an, comme l’avait reconnu fin 2024 Sarah Friar, sa nouvelle directrice financière. Depuis, la start-up a renforcé ses équipes, recrutant notamment Fidji Simo, ancienne responsable de Meta, comme numéro deux.
Elle a aussi débauché Kevin Weil, nommé directeur des produits, qui occupait le même poste chez Instagram au moment du déploiement des premières réclames. Ou encore Shivakumar Venkataraman, un profil plus technique, qui a été pendant six ans le responsable de l’ingénierie publicitaire de Google.
Ce virage stratégique s’inscrit dans la recherche de nouveaux relais de croissance. Jusqu’ici, OpenAI disposait de deux principales sources de revenus: ses API (interfaces de programmation) permettant aux développeurs d’intégrer ses modèles dans leurs applications, et ses abonnements payants.
Mais ses centaines de millions d’utilisateurs gratuits ne lui rapportent rien. Pire, ils représentent un coût important en raison des frais d’inférence générés par le processus de création de texte. Autrement dit, plus le chatbot est populaire auprès du grand public, plus les pertes d’OpenAI se creusent.
Pendant longtemps, Sam Altman a revendiqué ce modèle. « Les plus riches paient pour offrir un accès gratuit aux plus pauvres », résumait le patron de l’entreprise. Mais celui-ci apparaît désormais difficilement tenable, tant les pertes atteignent des niveaux record: près de 20 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l’an dernier. En parallèle, OpenAI s’est engagé dans des plans d’investissement massifs pour accroître sa puissance de calcul, ce qui nécessite d’augmenter considérablement ses recettes.
Au printemps, OpenAI s’est notamment lancé dans le commerce en ligne: des suggestions de produits ont été intégrées dans les réponses de ChatGPT, accompagnées de boutons « acheter » permettant de finaliser une transaction en quelques clics. Contrairement à Google Shopping, la société n’a pas adopté un système d’enchères pour faire figurer les marques en tête des résultats. Elle se rémunère en prélevant une petite commission sur les achats qu’elle génère.
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